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Généralités


L'aide des alliés à la Résistance française est à la fois morale, matérielle et humaine. Morale par le lien qui s'est très vite créé depuis Londres grâce à la BBC qui, bien que l'écoute en soit fortement brouillée par les service allemands et, naturellement, interdite sous peine d'arrestation et de déportation. Elle est de plus en plus écoutée en France. Ses émissions telles que "les Français parlent aux Français" informent et remontent le moral. Le 18 juin 1940 c'est depuis la BBC que le Général lance son célèbre appel ; pour le moment il est seul ou presque et il sait que, sans les Anglais, il n'est rien. Lui comme les Français ont un impératif besoin de leur aide matérielle et morale pour exister et surtout pour combattre.
     Les Français libres qui sont déjà ou arrivent en Angleterre vivent aux frais du gouvernement britannique jusqu'à ce qu'un prêt-bail, à la fin de 1941, soit accordé par les Américains aux territoires français libres qui ont rallié De Gaulle. Quant aux aviateurs français de la glorieuse escadrille Normandie-Niemen ils sont, naturellement, entièrement pris en charge par les Soviétiques. C'est à partir de 1943 que le besoin en armes pour la résistance intérieure devient impérieux.
     Pour les Anglais la résistance en France leur est utile pour plusieurs raisons, celle d'arriver ensemble à la victoire mais auparavant elle est utile par ses réseaux d'évasion, de ses pilotes abattus par exemple, ses réseaux de renseignements et d'action bien implantés et efficaces. En 1942 le gouvernement britannique confie l'action subversive en France au S.O.E., dirigé depuis l'Angleterre par le colonel Buckmaster, d'ailleurs concurrent de services identiques du B.C.R.A. de la France libre.Il faudra toute la persuasion d'Emmanuel d'Astier venu rencontrer Churchill, en début 1944, pour que la Résistance soit enfin armée pour le combat final.
     C'est aussi en 1944 que la fusion du SOE britannique avec le réseau OSS américain aboutit à la formation des SPOC, qui comprennent une sous-section française. Ils sont chargés de la préparation des parachutages d'armes et de matériel.  Des groupes d'hommes viennent aider sur le terrain comme les missions Jedburgh parachutées en France en été 1944. Deux centres d'entraînement à Alger forment ces hommes qui arrivent par mer depuis l'Afrique du Nord (sous-marins et felouques) ou sont parachutés

Dans le département des Basses-Alpes

ont été envoyées diverses missions :  des instructeurs pour les maquis comme la mission "Michel" comprenant un français, un anglais, un américain, tués au combat et fusillés. Des OG (Opérations Groups) d'une quinzaine d'hommes, commandos-coups de main mis sur pied par l'OSS, réseau américain, lors des opérations de la Libération comme l'OG "Ruth" venu au maquis Fort-de-France à Barrème et aussi des femmes faisant le liaison comme celles qui étaient en mission le 19 août sur la R.N.100, entre Apt et Forcalquier dont l'une, Jacqueline Bouquier, trouva la mort accidentellement aux Granons (Reillanne).  Les Jedburgh étaient des équipes de trois, en tenue militaire, venus à la veille du débarquement en Provence pour assurer la liaison entre maquis et alliés, comme l'équipe "Novocaïne" envoyée à Seyne-les-Alpes.