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Parachutages

Présentation


Parachutages et atterrissages étaient annoncés aux équipes locales réceptrices, pour la nuit suivante, par un message codé passé à la radio de Londres. Arrivés sur le terrain les résistants le balisait et, à l'arrivée de l'avion, la lettre lumineuse prévue était envoyée en morse au pilote. Il fallait récupérer au plus vite les hommes et/ou les containers dont il fallait faire l'inventaire,  les cacher ou les transporter de suite et effacer les traces de l'opération. Puis chacun rentrait chez soi avant le jour le plus discrètement possible et se recouchait comme si de rien n'était.
La reconnaissance des résistants était grande envers les expéditeurs et les pilotes inconnus, l'aide des Alliés et de la France Libre, par l'intermédiaire du SOE et du BCRA, étant ainsi une réalité. Car comment se battre si on n'a pas d'armes ?
Selon les études des historiens plus de 10 000 tonnes d'armement ont été envoyés en France par plus de 7000 parachutages dont la moitié le furent au cours de l'été 1944. Quant aux 224 atterrissages ils étaient effctués par les petits Lysander puis par Hudson. 1100 passagers, civils et militaires, sont ainsi arrivés ou partis de France.

Dans le département des Basses-Alpes

Les parachutages provenaient de deux sources, le SOE, réseau anglais, et la SAP qui dépendait du BCRA (la France Libre)
 - la SAP (Section Atterrissages Parachutages) était dirigée, en R/2 par Camille Rayon, alias Jean-Michel ou Archiduc. Le responsable départemental de ce réseau Action était le poète René Char, alias Capitaine Alexandre, dont le QG se situait à Céreste et son maquis dans ce secteur. Le 13 juillet 1944 Char fut appelé à Alger pour rendre compte aux militaires qui préparaient le débarquement en Provence de la situation sur le terrain. Il confia alors ses dépôts d'armes parachutées à la 10ème Compagnie FTP de Ste-Tulle, preuve que l'animosité souvent décrite entre les divers mouvements de résistance est volontairement exagérée.
 - le réseau du SOE "Jockey" était très étendu, s'étirant d'Antibes, sur la côte, au Vercors dans la Drôme. Il était dirigé par Francis Cammaerts, un enseignant anglais de père belge, bientôt recherché par la Gestapo car son réseau était très actif, ses sabotages nombreux. Son adjoint dans les Basses-Alpes était le Dr Jouve. En été 1944 le Q.G. se trouvait à Seyne-les-Alpes, secteur éloigné de la présence allemande. C'est au cours d'un déplacement à Digne le 13 août 1944 qu'il et arrêté avec deux hommes envoyés en mission. Les services extérieurs n'hésitèrent pas à parachuter une très importante somme d'argent pour le tirer des griffes de la Gestapo, ce que réussit à obtenir son adjointe "Christine". Deux jours plus tard les alliés débarquaient sur les côtes de Provence. Cammaerts avait déjà frôlé la catastrophe en septembre 1943 quand les Allemands découvraient, à Montélimar,  le lieu où il devait se rendre en mission. Malheureusement s'il put éviter l'arrestation ce ne fut pas le cas de Cécily Lefort , son agent de liaison, venue de Digne. Elle fut déportée à Ravensbrück, camp de concentration réservé aux femmes, où elle eut une fin particulièrement tragique.

Plusieurs témoignages font état de la même aventure
"quelquefois, devant des attelages aussi inoffensifs (charrettes), aux barrage les sentinelles allemandes facilitaient le passage en ouvrant les chicanes et parfois poussaient elles-mêmes la charrette pour passer un gué (vers Rependance) ou monter un raidillon (vers Ste-Tulle). Les convoyeurs se seraient bien passés de cette aide qui leur donnait des sueurs froides !"

Au sujet de la répartition des armes il y eut des problèmes, les différents mouvements n'étant pas logés à la même enseigne pour les recevoir. Il y aura des rapts ou des tentatives et des partages un peu forcés. Il y aura aussi des arrangements cordiaux. Par exemple dans le secteur de Vachères la 10° Compagnie F.T.P. se verra confier par René Char, chef départemental  de la S.A.P, appelé en mission à Alger le 13 juillet 1944, la couverture de ses terrains de parachutages et des stocks d'armes. Mais il faudra attendre les combats de la Libération pour que ce délicat problème de la répartition des armes entre les F.F.I. soit partout résolu réglementairement.

A Bras d'Asse le Docteur Dulcy, responsable des parachutages du S.O.E. pour le secteur Sud du département, avait pour devise au sujet des armes à répartir "aux mêmes ouvriers les mêmes outils".

A la S.A.P. des femmes étaient recrutées, comme les hommes, dans les équipes de parachutages. Noëlle Derbez, de Manosque, assistant à un parachutage ne peut retenir son admiration devant ce spectacle et s'écrie "ils arrivent enfin"!