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L'internement

L'internement des "indésirables"


     On peut presque dire que les années noires commencent dès 1938, sous la 3ème République, cette année de la capitulation devant Hitler des démocraties à Munich, car en 1938 est promulguée une loi prévoyant l'internement d'hommes, de femmes et d'enfants d'origine étrangère à isoler et à surveiller en cas de conflit. Cette loi trouve son application dès janvier 1939 par l'internement des républicains espagnols réfugiés de la guerre d'Espagne, militaires et civils,  qui sont parqués, en hiver, derrière des barbelés à même le sable des plages du Roussillon.

     Puis, dès la déclaration de guerre en septembre 1939, c'est le tour des Allemands et autres réfugiés du IIIème Reich qui avaient fui leur pays après l'arrivée d'Hitler au pouvoir en 1933. Dans le Sud-Est ils seront internés au camp des Milles, près d'Aix-en-Provence.

     Les internés français sont surtout les communistes ou considérés comme tels ; ils sont arrêtés chez eux ou à l'armée pour ceux qui avaient été rappelés en 1939 . Les prisons étant pleines des camps spéciaux s'ouvrirent à leur intention.

     Puis, sous le régime de Vichy des camps concerneront aussi les juifs, adultes et enfants et des résistants.

     Tous ces camps français d'internement appelés officiellement à l'époque "camps de concentration" deviendront bientôt l'antichambre des camps de la mort du IIIème Reich et de Pologne.

Dans les Basses-Alpes

Dans les Basses-Alpes on trouve toutes les catégories "d'indésirables", français et étrangers,  dans divers camps et centres d'internement, amenés là en application des mesures prises par la IIIème République finissante puis par le gouvernement de Vichy :
 - centres des prestataires de l'armée pour étrangers détachés du camp des Milles (B. du R.) à Manosque, Forcalquier et Volx, les Mées et St-Auban
 - camps des compagnies spéciales de passage pour militaires français à Pontis, Digne, St-Vincent-le Forts
 - centres de séjour surveillé pour Français à Bras-d'Asse, La Bégude, Le Chaffaut, Oraison, Sisteron
 - groupements de travailleurs étrangers (G.T.E.) aux Mées (deux camps, l'un de Républicains espagnols, l'autre d'autres étrangers)
 - centre du service social des étrangers à Gréoux et à Reillanne.
Des internés furent présents sur des lieux de séjour passagers et sur des chantiers à :
 Blégiers, Castel-Beuvons, Céreste, Chabrières, Espinouse, La Brillanne, Norante, Peyruis, Sigonce, St-Maime, Ste-Tulle, Ubaye-village.



Un rapport du préfet des Basses-Alpes daté de janvier 1941 indique le chiffre de 1045 détenus politiques. La plupart de ces camps fermeront bientôt,  les internés étant alors regroupés dans de grands camps du centre de la France avec miradors et barbelé, d'où les évasions ne seront plus possibles.  "Les fortes têtes" seront expédiées dans les camps-bagnes d'Afrique du Nord, comme Georges Bonnaire qu'on retrouvera plus tard dans la résistance bas-alpine. Des internés, à la demande des nazis, seront déportés dans les camps de concentration en Allemagne afin de travailler pour la machine de guerre nazie, comme le barrèmois François Béraud mort d'épuisement à Buchenwald.  

Il nous paraît essentiel de sauvegarder la mémoire de ces événements, des hommes, des femmes et des enfants pris dans cette tourmente.   
Pour le moment, seulement deux plaques symbolisent ces internements : l'une à la citadelle de Sisteron (internement de politiques et de résistants) et au Mas-des-Près à Reillanne en souvenir des familles juives déportées de là à Auschwitz.