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Les occupations

L'occupation italienne


Le 11 novembre 1942, prenant prétexte du débarquement des anglo-américains en Afrique du Nord, la Wehrmacht viole la ligne de démarcation qui coupait la France en deux. L'armée italienne en profite pour bénéficier des accords de juin 1940 lui attribuant le contrôle de la zone à l'est du Rhône où des organismes, dépendant de la Commission italienne d'Armistice, étaient discrètement présents.

Les militaires italiens font preuve de retenue. Dans l'ensemble c'est une occupation peu répressive et sans spoliation. Toutefois apparaît une volonté de tout contrôler, notamment les services administratifs. Le politique prime sur l'économique, ce qui explique la protection des Juifs venus nombreux se réfugier dans cette zone. Sans doute s'agit-il de la part des autorités italiennes moins d'une démarche de sympathie envers ces persécutés que pour faire la démonstration qu'ils sont les seuls à commander dans leur zone d'occupation.

soldats italiens

Pourchassant les réfractaires au STO, si ceux-ci ne sont pas armés ils les remettent à la gendarmerie la plus proche. S'ils sont armés ils les jugent et les emprisonnent en Italie.
Il n'est pas rare que les militaires italiens rencontrent dans leur zone d'occupation des français d'origine italienne, certains parfois de la même région, voire du même village. Mais si les cafés sont parfois des lieux de rencontre l'italophobie populaire est ici et là source d'incidents.

Quand en septembre 1943 le gouvernement de Badoglio signe l'armistice avec les Alliés qui ont débarqué et progressent en Italie les Allemands, qui se méfiaient de ces alliés peu fiables, envahissent immédiatement cette zone. Des soldats italiens, dans le plus grand désordre, rejoignent leur pays à travers la montagne qui fait frontière, s'ils le peuvent. Ceux qui sont faits prisonniers par leur ancien allié sont envoyés dans des camps de prisonniers en Allemagne et maltraités car considérés comme traîtres. Des soldats italiens resteront en France et rejoindront la Résistance, ce qu'avaient fait avant eux des déserteurs de l'armée italienne.


Dans le département des Basses-Alpes
Dans le département des Basses-Alpes on dénombre quelques incidents avec les Italiens dès 1941, en 1942 et  plus de 20 en 1943. En juin 1943 les Italiens arrêtent un groupe de maquisards qui venait de s'installer en forêt près de Manosque. Ils sont emprisonnés en Italie . Ils s'évadent avec l'aide des partisans italiens avec qui ils reprennent le combat jusqu'à la Libération.En septembre 1943 l'armée italienne qui vient de capituler s'efforce de transférer en Italie, en car, en trains et même à pieds, les familles juives qui étaient venues se réfugier à Barcelonnette et ceux venant de Savoie. A Turriers et à La Motte-du-Caire les Allemands, venus des Hautes-Alpes, réussissent à encercler un groupe de soldats et d'officiers. Mais des civils français en aident d'autres à s'enfuir, notamment en leur donnant des habits civils récoltés par un prêtre.