logo

La mémoire en héritage

    "Sans la mémoire que serions-nous ? " F. de Chateaubriand.

     Nous savons que le regard qui prive l'autre de sa liberté et de sa dignité, avant de le priver de son droit à l'existence, est une réalité toujours prompte à resurgir. C'est pourquoi nous ne devons pas nous lasser de rappeler les faits historiques et les valeurs pour lesquelles les résistants se sont battus et, parfois, ont donné leur vie.

    Travail de mémoire pour les historiens, devoir de mémoire pour les acteurs et les témoins.

    "Hommes je vous aimais, veillez ! Vous qui survivrez à cette époque, n'oubliez pas ! N'oubliez pas les bons, n'oubliez pas les méchants. Rassemblez patiemment les témoignages sur ceux et sur celles qui sont tombés. Un jour ce que nous vivons aujourd'hui sera du passé. On parlera de cette grande époque et des héros anonymes qui ont fait l'Histoire. Moi je voudrais que l'on sache qu'il n'y a pas eu de héros anonymes, qu'ils étaient des hommes et des femmes avec un nom, un visage, un désir ardent de vivre et une espérance. Je voudrais qu'ils vous restent tous proches comme des amis, comme des parents, comme vous-mêmes".

Julius Fucik, décapité à Berlin le 8 septembre 1943.


    Nicolas Lemeunier, étudiant, écrivait en 1998 dans "les Chemins de la Mémoire" :
"il peut paraître singulier de s'attacher à réfléchir sur la mémoire collective quand on n'a pas 20 ans. Pourtant nous devons redouter la faculté d'oubli qui gagne les esprits au fil de la marche du temps.... Certes les journées "officielles" fournissent l'occasion de perpétuer les cérémonies du souvenir et c'est très bien. Mais se maintiendront-elles lorsque tous les témoins des deux grandes guerres auront disparu?... Ne convient-il pas de susciter chez les jeunes le désir ou le besoin de confronter leur vie à ce que fut souvent le calvaire de générations moins chanceuses?... Tant mieux si une éducation civique renouvelée et l'apport de nouvelles technologies concourent à développer l'intérêt du plus grand nombre pour ce passé tumultueux, qui a façonné notre environnement et notre univers culturel de citoyens de ce siècle.
Puisse le rapport à l'histoire dont nous avons hérité ne plus être perçu comme un devoir mais comme un besoin de mémoire".

Dans le département des Basses-Alpes
Dans le département des Basses-Alpes, comme partout, la mémoire de la résistance et de la déportation est obligatoirement inscrite sur les Monuments-aux-morts communaux. On la trouve aussi sur les stèles qui jalonnent les chemins de la Résistance, sur des plaques apposées sur les murs, dans les noms donnés à des rues, à des établissements scolaires. Elle est aussi le but des nombreuses cérémonies officielles ou non, qui ont lieu chaque année sur les lieux de drames de la Résistance.
Elle peut prendre d'autres formes telles les activités culturelles diversifiées que notre association réalise, détaillées dans un chapitre qui leur est consacré.

REPERES : Un jour, à Manosque, des élèves du Lycée Professionnel demandèrent à un professeur qui était Louis Martin-Bret dont l'établissement portait le nom. Ni lui ni les autres n'en avaient une connaissance suffisante. D'où l'idée d'interroger des anciens résistants et des personnes ayant connu celui qui fut l'âme de la Résistance bas-alpine, le créateur de l'A.S. dans le département, et qui était le président du CDL clandestin, cet organisme appelé à diriger le département des Basses-Alpes à la Libération si proche. Hélas, suite à une trahison, Martin-Bret et ses camarades du CDL ont été fusillés à Signes (Var) le 18 juillet 1944. Il fut alors décidé de mobiliser tout le Lycée pour concrétiser ces recherches, construire un projet et trouver son financement. Le professeur et les élèves de la classe de maçonnerie construisirent une superbe stèle recouverte de mosaïques et portant l'effigie en bronze du résistant. Ce grand monument se trouve à l'entrée de l'établissement.

A Forcalquier le Collège s'appelle Henri Laugier. Ayant eu la curiosité de demander aux enseignants pourquoi ce nom, à notre grande surprise personne n'en savait rien ! Nous avons donc cherché à savoir et avons fini par découvrir qu'il s'agissait d'un bas-alpin au parcours exceptionnel. Né à Mane, de parents enseignants à Simiane-la-Rotonde, il fut biologiste puis savant, premier directeur du CNRS après la guerre. Mais auparavant il fut un résistant de la toute première heure puisqu'il rejoignit l'Angleterre le 18 juin 1940 pour se mettre au service des savants alliés, sans avoir entendu l'appel du Général de Gaulle. Se trouvant aux Etats-Unis en 1945 il est nommé secrétaire-adjoint de l'O.N.U. à sa création où il déploie une activité soutenue auprès des dirigeants internationaux, la plupart étant peu convaincus de la nécessité de se rencontrer au sein de cette organisation. On lui doit aussi la rédaction en 1948 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme en collaboration avec son ami René Cassin, prix Nobel de la Paix. En 1998 la municipalité de Mane a donné le nom d'Henri Laugier à la salle polyvalente ce qui a donné lieu à une importante cérémonie en présence de la famille et des amis d'Henri Laugier, de représentants du CNRS et de nombreuses associations patriotiques.

Cérémonies du souvenir


- des membres de l'association participent chaque année aux cérémonies du souvenir dédiées aux victimes de la Résistance à Manosque, Forcalquier, St-Martin du Castillon...

- l'association est à l'origine de la création des cérémonies:
pose d'une stèle à l'Observatoire du CNRS à St-Michel l'Observatoire
Pose d'une plaque au Col du Fanger, commune d'Auzet