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La répression

La Déportation


"nous qui feignons de reprendre espoir devant cette image qui s'éloigne comme si l'on guérissait de la peste concentrationnaire... nous qui feignons de croire que tout cela est d'un seul temps et d'un seul pays, et qui ne pensons pas à regarder autour de nous, et qui n'entendons pas qu'on crie sans fin"

in film Nuit et brouillard (1956) d'Alain Resnais et Jean Cayrol.


    Pour une plus grande compréhension de ce thème il y a lieu de distinguer d'une part les déportés de la répression de ceux de la persécution. Ces derniers, en France, hommes, femmes et enfants,  ont été les victimes des lois antisémites du système nazi et en France, du régime de Vichy.  Les déportés de la répression, environ 85 000, sont en majorité des résistants; les autres sont des condamnés pour infractions diverses, notamment pour marché noir. En zone occupée, en 1941, un contingent de 244 mineurs des Houillères du bassin Nord-Pas-de-Calais sont déportés pour avoir participé à une grève alors que grèves et manifestations sont formellement interdites par l'occupant. En 1942 c'est le convoi dit des "45000" (immatriculation) comprenant essentiellement des communistes déportés à Auschwitz, bien que non-juifs. A partir de janvier 1943 les convois de déportation vers l'Est seront de plus en plus nombreux et de plus en plus importants pour les camps de Buchenwald, Neuengamme, Dachau, Mauthausen, Sachsenhausen, Struthof et  Ravensbrüch pour les femmes. Auparavant ils ont transité par les camps de regroupement de Compiègne pour les hommes et Romainville pour les femmes.
Les déportés, hommes et femmes, travaillent dans des conditions très pénibles pour l'industrie de guerre du IIIème Reich. En évalue à 40 % le taux de mortalité.

deportation

L'idéologie nazie, appliquée dans tous les camps, se caractérise par une extrême brutalité, la négation de la notion même d'humanité et par le fait d'être un rouage permanent du système d'Etat. Dans l'Histoire jamais autant de vies humaines n'ont été supprimées en aussi peu de temps avec un tel mélange de technicité, de fanatisme, de cruauté.

Dans le département des Basses-Alpes

     Dans le département des Basses-Alpes les premiers déportés sont les jeunes réfractaires de la région de Banon et des habitants qui leur venaient en aide. Tous sont déportés à MAUTHAUSEN en Autriche . Plusieurs ne reviendront pas. A Digne, en janvier 1944, Sigismond Moszkowski, professeur révoqué, grand mutilé de la guerre 14-18, est arrêté pour sabotage et, bien que n'étant pas juif, est mis dans un convoi pour AUSCHWITZ où il disparait. Pendant six mois les déportations de résistants vont s'intensifier comme les maquisards pris au combat à Lambruisse et le gendarme Charles Vial de la brigade de St-André qui était leur instructeur. Imbert, de Chasteuil, disparaitra en Baie de Lûbeck (bombardement allié). Henri Chaumeton, de Manosque, reviendra après avoir connu les camps de DACHAU, AUSCHWITZ, MAUTHAUSEN . Vinay Laurent, de Larche, connaîtra les camps de BUCHENWALD, DORA, BERGEN-BELSEN. Burle, le maire de Sourribes qui aidait les résistants disparaît à NEUENGAMME. Uni, Benoit, Dolidier, internés à la Citadelle de Sisteron, considérés par le chef de centre comme "meneurs" sont déportés. Autres déportés prélevés dans les camps français où ils été internés depuis 1940 Giraud de St-Maime et François Béraud, conseiller général de Barrème, mort d'épuisement à BUCHENWALD. Le Dr Fallik, arrêté avec une dizaine d'autres stagiaires de l'école M.U.R. de Draix, disparait avec tous les déportés juifs du convoi 73 (Pays Baltes). Deux jeunes militaires de carrière du maquis Fort-de-France à Barrème, Lesdos et Raux, ne reviendront pas de déportation. Cecily Lefort, agent de liaison de Francis Cammaerts (SOE) disparaitra à RAVENSBRUCK. Ce ne sont là que quelques exemples pris dans la longue liste des déportés, bas-alpins ou non, résistants arrêtés dans le département, en mission, dans des embuscades, des combats ou pour aide à la Résistance.