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La Résistance

LE FINANCEMENT



La Résistance fut pauvre et a souffert d'une pénurie chronique de moyens tant matériels que financiers. Si la France Libre, peu dépensière, est soutenue financièrement par les Alliés la Résistance intérieure est vite confrontée au problème. Les résistants trouvent souvent aide auprès de leurs familles et de la population sympathisante. Mais il faut bien payer les chefs, les déplacements, les coûts de la presse clandestine et assurer l'intendance des groupes et des maquis de plus en plus nombreux. L'argent (avance de la Banque d'Algérie) parvenait par des agents parachutés et en bons divers (bons du Trésor) le tout parvenant de façon discontinue et inégale. Si le réseau anglais SOE avait ses propres fonds c'est le COFI (Comité financier de la Délégation Générale) au nom du Trésor Public d'Alger qui gérait les finances de la Résistance. En été 1944 les besoins explosent et il est alors opéré des "réquisitions" dans les banques, bureaux de Poste, perceptions par les Groupes Francs et les FTP, ces derniers étant là encore les parents pauvres comme pour les envois d'armes. Et on sait aussi qu'ici et là des individus, au nom de la Résistance, n'hésitent pas à organiser vols et rackets.

Dans le département des Basses-Alpes


Dans le département des Basses-Alpes la question de l'argent s'est posée comme ailleurs. Le CDL avait désigné comme trésorier Joseph Fontaine, receveur de l'Enregistrement à Digne. Le 15 juillet 1944 la répartition entre les mouvements des fonds dont disposait l'ORA était à l'ordre du jour de la réunion des principaux responsables de la Résistance tenue à Oraison. Le 30 juillet, aux Eaux-Chaudes, là aussi une répartition de fonds était prévue au sein de l'ORA. Malheureusement lors de l'attaque de La Favière la nuit par les Allemands le capitaine Lippmann devait y laisser la vie. Enfin pour sauver Cammaerts tombé aux mains de la Gestapo de Digne le 13 août, une importante somme d'argent fut parachutée en urgence à son adjointe Christine qui parvint ainsi à le faire libérer et les deux agents alliés parachutés qui l'accompagnaient.

Extrait de l'article de Jean-Marie Guillon sur ce sujet dans le Dictionnaire Historique de la Résistance, page 918: "il ne se trouve pas un seul lieu de parachutage où ne traîne, aujourd'hui encore, l'histoire du container plein de billets et, comme ill se doit, "égaré". Giono la réutilise en 1960 dans son film Crésus tout en se gardant bien de mettre en cause la Résistance avec laquelle il a eu maille à partir ; prudemment il attribue l'argent tombé du ciel aux nazis. Mais l'allusion ne trompe guère. La rumeur laisse entendre que l'argent pleuvait sur la Résistance et que les chefs se sont enrichis. Cette légende est portée par ceux qui, n'ayant rien fait ou s'étant compromis, cherchent ainsi à salir une Résistance trop "pure" pour être tout à fait honnête et pour ramener les "héros" à la condition vénale ordinaire".