logo


La Résistance

LES MAQUIS
Les maquis de l'armée secrète


     LE MAQUIS DE  PELLEGRIN   (MANOSQUE)


Création : mars 1943
-  Il n'a pas seulement pour but de cacher les STO, il héberge aussi un « groupe franc ».
La ferme est à la fois excentrée par rapport à Manosque et pourtant rapidement accessible, le ravitaillement est aisé, le repli dans la forêt de Pélissier facile.

La fin du maquis : 10 juin 1943
-Dans la nuit du 10 juin 1943 vers 3h du matin des militaires italiens ceinturent la ferme ; ils contrôlent le secteur, aidés de la gendarmerie locale. Une dizaine de résistants sont arrêtés, les premiers du département à être pris.
Ceux qui ont fui regagnent d'autres maquis. Celui de Pellegrin est dissous.



     LES MAQUIS DE BANON   (CONTADOUR)

Création : février 1943
- Le maquis dit des Graves est l'un des tous premiers des Basses-Alpes . Il abrite des réfractaires et quelques anciens volontaires français des Brigades internationales ayant participé à la guerre d'Espagne (1936-1939) . Plus tard un autre groupe maquis s'implante aux lieux-dits les Fraches et l'Héritier, le PC restant aux Graves. La vie y est  rude, le ravitaillement difficile.

La fuite du maquis : juin1943
- Les 23 et 24 mai, l'armée italienne guidée par des miliciens français ratisse le secteur de Banon. Le Contadour n'est plus sûr; le déplacement est inévitable. Après quelques regroupements dans des fermes isolées à la fin du mois de juin le maquis prend une longue et pénible route à pied qui le mène au col de Faye dans les Hautes-Alpes..   
 
Reformation du maquis : juillet 1943
  - Durant l'été  le maquis se réorganise avec l'arrivée de nouvelles recrues et s'implante à nouveau aux environs de Banon  en trois groupes aux lieux-dits les Plaines, les Aupilières et Grange-de-la roche. Plus tard un groupe s' installera aux lieux-dits

banon


Dispersion du maquis : décembre 1943
  - A la suite d'une trahison dans la nuit du 4 au 5 décembre les militaires allemands aidés par des Françaix, sans doute des Brandebourg, investissent le secteur . Une dizaine de maquisards sont arrêtés  à Cayandron et aux Aupilières, les autres, prévenus à temps, réussissent à fuir vers le Vaucluse et la Drôme,  le maquis des Plaines réussissant un repli dans l'ordre à la ferme des Escourins.
     Le bilan de cette opération est lourd. Les maquis sont dispersés, des fermes brûlées par l'ennemi et la plupart des prisonniers, y compris une dizaine d'habitants des villages de Banon et de Redortiers qui venaient en aide aux réfractaires, sont déportés tous  au camp de Mauthausen en Autriche . Plusieurs ne reviendront pas de déportation.
  - Une dernière incursion allemande le 24 janvier 1944 se terminera par l'arrestation de résistants et l'exécution de l'un d'eux à la ferme des Plaines.



     LE MAQUIS DE   GANAGOBIE
 
Création : Février 1943
   - A ses débuts, le maquis est composé de réfractaires qui trouvent refuge sur le plateau où les conditions géographiques sont propices; ils y sont accueillis avec bienveillance par le père Lorenzzi qui vit seul dans le monastère.  L'intendance est assurée par des résistants locaux de l'AS et les soins aux malades et aux blessés par le médecin de Saint-Etienne-les-Orgues.

Dispersion du maquis : 19 juin 1943
   - Sur ordre de la Gestapo, la gendarmerie de Forcalquier ratisse le secteur tout en prévenant la résistance locale de cette opération ; mais cinq réfractaires imprudents seront arrêtés. Ils ne partiront pas en Allemagne, réussissant à s'évader lors de leur transfert.
      Il faut quitter le camp maintenant connu. Certains retrouvent une existence légale tandis que d'autres se regroupent à Pavoux, au nord de Forcalquier et forment  le maquis de Sigonce.

Recomposition du maquis : printemps 1944
    - Ce nouveau maquis en relation avec L'AS est en mesure de mener des actions armées, car des armes sont enfin parachutées.
       A noter que jusqu'à la libération un groupe franc, indépendant,  installé aussi sur le plateau de Ganagobie  multiplie les  actions de sabotages dans le secteur. Le plateau est désormais une  "forteresse" :  la route est minée, surveillée par une mitrailleuse lourde.  



     LE MAQUIS DE    SOURRIBES

Création : printemps 1943  
     - Ce maquis, affilié à l'AS est mis en place par des résistants locaux pour soustraire les jeunes de la région de Volonne au STO. Il servira par la suite de cache à un groupe d'une dizaine de Luxembourgeois déserteurs de l'armée allemande où ils étaient incorporés de force.
        Du fait de sa situation géographique, ce maquis reçoit beaucoup d'étrangers de passage se rendant à Sisteron ou dans le secteur de Thoard.

Disparition du maquis : 6 février 1944    
      - Lorsque l'armée allemande investit à 6 heures du matin le village de Sourribes, le maquis se tient sur les abords de Beaudument. L'ennemi entreprend le ratissage du bois entourant  le château et tire sur les réfractaires surpris aux alentours du village. Aucun maquisard n'est pris et les blessés  sont soignés par le Dr Niel de Sisteron. Mais les Allemands arrêtent  le maire du village qui est déporté en Allemagne ; il meurt au camp de Neuengamme. A noter que ce maquis  ne sera jamais reconnu comme unité combattante.
         Une partie des jeunes part vers Chateauneuf-Val St-Donnat et Cruis, les autres rejoignent le maquis Fort-de-France  à Barrème, s'installant dans les environs de La Melle.



     LES MAQUIS DE    LA VALLEE DE L' ASSE

Création d'une école des cadres de la résistance : été 1943
     - En été 43 l'état-major départemental des MUR (AS & ORA), devant la nécessité d'encadrer les jeunes réfractaires au S.T.O. qui arrivent dans le département, décide l'ouverture d'une école pour former des cadres. Cette école s'installe d'abord à la ferme de Champagneul et  porte le nom de La Lavanderaie.  Les premiers arrivants sont des étudiants de Lyon.  Puis il en vient d'un peu partout, y compris des résistants d'origine étrangère.
         Pour des raisons d'intendance son responsable, Gérard Pierre-Rose, un ancien élève de l'Ecole militaire de St-Maixent  appelé Prince puis Manfred, décide de transférer l'école dans une autre bergerie située à la Haute-Valbonnette. Ce site s'appelle Beaurepaire. Nous sommes en décembre 43.
 
Evacuation de l'école : 8 janvier 1944
      - Le 7 janvier 1944, après avoir observé des mouvements de l'armée allemande  dans le secteur,  Manfred décide le repli de l'école vers la Haute-Bléone. Les maquisards remontent la vallée de Clumanc puis montent le col de Cine en direction de la Rouine qu'ils atteignent le 8 janvier au soir. Le lendemain ils reprennent la route en direction de la ferme Belon près du village de Draix ; c'est là qu'ils installent leur nouveau camp.

ferme Belon

Ferme Belon



Disparition de l'école : 14 février 1944   
      -A la suite de la  dénonciation du camp par un habitant du secteur le 14 février, à l'aube, un détachement allemand approche de Draix, surprend le village endormi et y opère quelques arrestations de suspects, puis se dirige vers la ferme de Belon lieu de l'école des cadres. Venant de La Javie  arrive une autre colonne ennemie. La ferme de Belon est encerclée . Les signaux émis depuis Draix pour prévenir le maquis, comme convenu, n'ont servi à rien  la garde n'ayant pas été assurée.. Les stagiaires de l'école des cadres sont surpris dans leur sommeil et sont tous arrêtés. Heureusement pour eux  les Allemands ne trouvent pas les armes qui sont cachées dans le bois voisin. Les prisonniers, au nombre de 13, sont emmenés en vue de leur déportation ; plusieurs réussissent à s'évader au cours de leurs transports. Manfred était absent,  parti ce jour-là à la recherche d'un nouveau lieu pour implanter l'école. Il passera au travers des mailles du filet.
Ainsi disparait l'école régionale des cadres de la Résistance.



Fort de France
2009 Google - Imagerie 2009 Terrametrics, donnés cartographiques 2009 Tele Atlas
Vue satellite / image en relief


     LE MAQUIS  Fort de France

Création du maquis : 25 février 1944
      -Ce maquis voit le jour en février 44. Ses dirigeants proviennent de l'école des cadres de la Résistance et le baptisent "Fort-de-France" en hommage à Manfred qui est originaire de la Martinique va en assurer le fonctionnement  devenant le chef militaire des maquis AS - ORA répartis de St- André à Oraison.
Le maquis, qui ne compte que trois hommes à la mi-février en aura bientôt douze, soit deux sizaines combattantes qui se fixent au hameau isolé de la Haute-Melle. Le ravitaillement est assuré par les habitants et les paysans du secteur de Barréme.

La vie au camp
       -La vie au camp est rythmée par de l'instruction militaire avec formation aux techniques de guérilla, par les corvées de casernement et par l'entraînement physique .
Dans la nuit du 4 au 5 mars, un parachutage du réseau anglais Buckmaster lui parvient. Ce maquis est enfin armé car il est destiné de part sa localisation géographique à ralentir les déplacements allemands sur la  RN.85 dite "route Napoléon" entre Castellane et Mezel et créer un climat d'insécurité chez l'occupant.

Evacuation du maquis : Le 19 mars 1944             
       -Ce jour là le maquis, menacé par  l'ennemi d'une opération de ratissage, quitte La Melle en pleine nuit pour se rendre au village de Majastre. Au petit matin, les allemands parviennent à La Haute-Melle et arrêtent dans la petite chapelle deux maquisards qui, de retour de mission, ne peuvent pas fuir car ils sont exténués. Ce sont deux jeunes officiers de grande valeur qui sont déportés dans les camps de la mort d'où ils ne reviennent pas. En partant les Allemands incendient le hameau. Manfred ordonne alors le repli du maquis sur le camp Josette qui se situe prés de Beynes.   
 
Le retour du maquis : Le 25 mars 1944
     -Après le départ des Allemands, le retour à La Melle est  toutefois décidé. Le maquis y restera jusqu'au 10 juin tout en se déplaçant dans un périmètre allant de Barréme à Chabrières en passant par Majastre.

Les actions du maquis
     -Le 8 juin 44,  le maquis s'installe sur les hauteurs de la RN 85 entre Barréme et Chabrières pour pouvoir intervenir militairement sur cette voie de communication stratégique qui relie la Côte d'Azur à la vallée de la Durance.   
     -Le 10 juin 44, le maquis aidé par un détachement FFI engage le combat au col des Robines contre un convoi allemand. Les pertes ennemis sont sévères; le maquis déplore trois morts.
     - Le 15 juin 44, deux groupes prennent position. L'un à Creisset, l'autre aux Clues de Chabrières verrouillant ainsi la route Napoléon.
     - Le 18 juin 44, une colonne allemande arrive aux Clues. Les résistants ouvrent le feu. L'ennemi, coincé entre les rochers et l'Asse subit de lourdes pertes. Lorsque les premiers obus de mortier allemands tombent, les attaquants se replient.

clue de Chabrières     parachutage

Dans les jours qui suivent le maquis alterne les missions : réception de parachutages sur le plateau de St-Jeannet (Le renard n'aime pas le jambon... est le signal diffusé par Radio-Londres) et embuscades sur la RN 85. Plus aucun convoi allemand ne passe par la route reliant Digne à Barréme.  
Le maquis reçoit des renforts et s'installe au Bas-Auran . Il tiendra vaillamment sa place dans les combats de la Libération mais son chef Manfred est fusillé le 18 juillet 1944 par les Allemands qui le recherchaient depuis longtemps..

Cette étude a été réalisée par Olivier Césarini, un des jeunes adhérents de l'association