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La Résistance

LES MAQUIS
Les francs-tireurs et partisans (FTP)



LES F.T.P. : Généralités .



En août 1941 le jeune communiste Pierre Georges, qui deviendra le Colonel Fabien, abat un soldat allemand dans le métro à Paris. Ce premier attentat est symbolique, c' est le signal d'un mouvement de résistance armé, les F.T.P.F. (Francs Tireurs Partisans Français) dirigé par Charles Tillon. Il restera sous le contrôle du Parti communiste (clandestin depuis son interdiction en 1939) mais recrutera largement au-delà des communistes.

A l'automne 1941 le Parti communiste crée l'O.S. (Organisation Spéciale) et la M.O.I. (Main d'Oeuvre Immigrée) qui fusionnent pour former les F.T.P. C'est une organisation militaire. Ils ont un journal "France d'Abord" qui diffuse consignes et communiqués.

Devant l'énorme inégalité des moyens face à l'ennemi, ils appliquent la tactique "gouttes de mercure", se dispersant et se reformant, agissant par surprise et mobilité. En 1943, devant le refus du S.T.O. par bon nombre de jeunes Français, les FTP créent leurs maquis, mobiles et tournés vers l'action directe car ils rejettent la politique de l'attentisme dite du "jour J". Mais la question majeure pour eux sera l'armement et l'argent fournis par les Alliés car ils seront toujours et de loin les moins bien lotis.

En 1944, plus ou moins bien incorporés dans les F.F.I. (Forces Françaises de l'Intérieur), les FTP occupent dans tout le pays une place importante dans les combats de la Libération.

(d'après une étude de Roger Bourderon in Dictionnaire Historique de la Résistance - 2006).

Dans les Basses Alpes

Les FTP ne furent organisés dans le département qu'à partir de septembre 1943. La raison de ce retard, par rapport au reste du pays pour leur mouvement et par rapport aux autres mouvements de la Résistance bas-alpine, est la répression qui a frappé les responsables du Parti communiste, à l'origine en France de ce mouvement. Subissant eux aussi la répression dès 1939 les responsables du P.C. bas-alpin sont internés dans les camps français dits " d'indésirables " et de là déportés dans les camps du III° Reich ou d'Afrique-du-Nord . Ceux qui avaient réussi à s'en évader avaient rejoint la Résistance dans d'autres régions. Quant au secrétaire du rayon ( désignation de la section bas-alpine du P.C.) il était prisonnier de guerre en Allemagne.

Ce sont donc des éléments venus des Alpes-Maritimes et de Marseille qui mettent en place les FTP dans le département des Basses-Alpes ; d'abord à Lioux, près de Senez et dans le secteur de Clumanc-Tartonne.

Les FTP sont organisés en compagnies formées sur la base de 3 détachements de 3 groupes chacun comprenant 6 à 9 hommes. Chaque compagnie a son état-major de 3 chefs : le militaire, le technique, le responsable aux effectifs. Le département est d'abord un sous-secteur de la région F2 (Alpes-Maritimes - Basses-Alpes), les Basses-Alpes étant sous la responsabilité de Barlesi et de Bandini. La première unité constituée porte le n° 2, celle portant le n° 1 étant déjà implantée dans le Var.

Les activités de la 2° Cie se situent d'abord entre Clumanc, Valensole, Castellane. Parmi ses responsables citons Settimelli, Lopez, d'Alessio, Monnier. Cette compagnie, constituée de clandestins, était illégale comparée à d'autres unités formées de citoyens dits "légaux" conservant une activité régulière, mobilisés pour le ravitaillement des maquis, la propagande, le renseignement, les coups de main. Parmi ces compagnies "légales" citons la 3° sous la responsabilité de Louis Laurens (basse vallée de l'Asse et plateau de Valensole), la 10° sous la responsabilité des frères Amoureux (Ste-Tulle-Vachères-Manosque) et la 11° avec Faure (Annot-Entrevaux).

Le 19 janvier 1944 ayant été décrété "journée d'action" par l'Etat-major national des FTP , trois sabotages sont opérés et réussis dans le département : usine Pechiney à St-Auban, mine de charbon de Sigonce et canal de l'usine électrique de Ste-Tulle. En mars les FTP passent sous le commandement d'Alziari, Laurenti et Lyons et , en mai, ils se constituent en région. La 1° Cie située comme on l'a vu dans le Var, sévèrement pourchassée par l'ennemi en mars, se replie dans les Basses-Alpes et s'établit à Lambruisse où ses hommes seront bientôt férocement frappés ainsi qu'à La Braisse , les 5 et 6 avril (nombreux morts et déportés).



Au fur et à mesure de l'accroissement des effectifs les unités se dédoublent. Des détachements aguerris des 1° et 2° compagnies forment les éléments de base des nouvelles formations :

- 5° à Castellane-St-André, avec Henri Hutinet
- 12° " Thèze (Sisteronnais) " D'Alessio
- 13° " Barrème " Rivault
- 14° " Riez " Boyer
- 15° & 16° à Sigonce " Hauteville et Lopez
- 17° " Sigoyer - Bayons " Beck
- 18° " Quinson " Gasquet
- 19° " Malijai " Carraz et Reybaud
- 20° " Seyne-les-Alpes " Renoud.

Les F.T.P. avaient mis en place des camps de triage par lesquels passaient les nouvelles recrues.

En juin 1944 sont constitués trois sous-secteurs FTP. Laurens commande le premier, Senatore le deuxième, Beck le troisième, chacun surpervisant l'activité de plusieurs compagnies.

Au début d'août un réaménagement du commandement FFI amène à sa tête Georges Bonnaire, qui était le délégué militaire FTP auprès de l'Etat-major FFI. Il devient alors le Colonel Noël.

Entre le 6 juin et le 19 août, jour de la libération du département (sauf l'Ubaye) les FFI du Sud-Est, au sein desquels les FTP tinrent leur place, menèrent une campagne militaire de guérilla qui affaiblit tellement les forces ennemies que l'Etat-Major allié pour le Sud de la France fut amené à modifier ses plans d'invasion. Il abandonna la voie prévue, la remontée de la vallée du Rhône, pour prendre à revers les forces allemandes en passant par la route des Alpes rendue libre par les actions de la Résistance et, se rabattant sur Livron et Valence, couper leur retraite. L'aviation alliée les écrasa dans le défilé de Donzère-Mondragon.

Une belle victoire tactique militaire dans l'histoire de la 2ème guerre mondiale dont la résistance provençale provoqua l'initiative et permit la réussite.