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La Résistance

LES MAQUIS
Premiers maquis



" Je remercie la chance qui a permis que les braconniers de Provence se battent dans notre camp... Je serais surpris qu'une défaillance survînt de ce côté ". (L'alchimie de la Résistance) - René Char.

    On désigne sous le nom de maquis des groupes de résistants venus chercher refuge dans des lieux isolés en zones de forêts et de montagnes. Aux premiers maquisards viennent se joindre, à partir du printemps 1943, les jeunes français "réfractaires" au S.T.O. devenus de ce fait illégaux et dépourvus des cartes de ravitaillement indispensables. Ils sont activement recherchés par la police française qui menace leurs familles. Face à ce phénomène imprévu un peu partout les responsables des mouvements de résistance mettent en place un service "maquis" pour accueillir ces jeunes, trouver localement des "sympathisants" pour leur venir en aide: ravitaillement, informations, liens avec les familles...pour leur trouver un encadrement et une formation militaire car il leur faut apprendre à se battre. A côté de ces "illégaux" on trouve les "légaux qui sont des résistants immatriculés à un mouvement de résistance mais qui peuvent rester chez eux car non assujettis au S.T.O. en raison de leur profession. En cas de nécessité ils rejoignent le maquis auquel ils sont affiliés.
     Le nombre d'arrivants aux maquis ne cesse d'augmenter jusqu'à la Libération. Harcelée de plus en plus par les maquis dans tout le pays au printemps 1944 l'armée allemande entreprend contre eux une campagne de terreur, à laquelle participe souvent la Milice française et les Brandebourg.

Dans le département des Basses-Alpes
Les premiers maquis sont apparus dans la région isolée de Banon au printemps 1943 où arrivèrent peu à peu par petits groupes des réfractaires au S.T.O venus des villes de la côte. Ils furent installés au Contadour par Louis Martin-Bret qui ramena de Marseille des anciens combattants de la guerre d'Espagne pour assurer l'instruction militaire des jeunes recrues. L'un d'eux, Lefebvre dit Omer, fut le premier mort de la résistance bas-alpine, tué le 3 septembre à Manosque par le chef de la Milice locale.

C'est aussi au printemps 1943 que des réfractaires venus de la Ciotat avec leur instructeur âgé qu'ils avaient surnommé "papa", s'installèrent au Labouret, au-dessus de Digne, alors que autres arrivaient à Valensole.

Ces premiers maquis dépendaient de "l'Armée secrète" mise en place par le mouvement Combat né à Marseille dès 1940.

Puis d'autres mouvements s'implantèrent également dans les Basses-Alpes comme les Francs-Tireurs et Partisans dirigés par les communistes ainsi que l'O.R.A., organisation de la résistance de l'armée, créée et dirigée par les anciens militaires de carrière de l'armée française dissoute le 11 novembre 1942.


A la veille de la Libération, en été 1944 les divers maquis étaient nombreux, répartis un peu partout sur le territoire du département, soit plusieurs milliers de combattants. Mais naturellement les maquis devaient être mobiles pour éviter d'être repérés par l'ennemi; leur implantation ne peut être dessinée actuellement avec précision; il faut donc retenir et définir des zones de maquis.

Les maquis doivent leur survie à l'aide importante apportée par la population rurale qui les ravitaillait malgré les nombreuses difficultés et les énormes risques qu'elle encourait. La population et aussi les employés des PTT qui les renseignaient sur les mouvements des troupes allemandes.

Quant à la police et à la gendarmerie le comportement de leurs membres fut variable. Si certains d'entre eux n'hésitaient pas à aider et à renseigner les résistants, d'autres, par obéissance, les arrêtaient et les remettaient aux Allemands alors que beaucoup d'autres restaient neutres, comme d'ailleurs la population française dans son ensemble.