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La Résistance

LES PARACHUTAGES


Parachutages et atterrissages étaient annoncés aux équipes locales réceptrices, pour la nuit suivante, par un message codé passé à la radio de Londres. Arrivés sur le terrain les résistants le balisait et, à l'arrivée de l'avion, la lettre lumineuse prévue était envoyée en morse au pilote. Il fallait récupérer au plus vite les hommes et/ou les containers dont il fallait faire l'inventaire,  les cacher ou les transporter de suite et effacer les traces de l'opération. Puis chacun rentrait chez soi avant le jour le plus discrètement possible et se recouchait comme si de rien n'était.
La reconnaissance des résistants était grande envers les expéditeurs et les pilotes inconnus, l'aide des Alliés et de la France Libre, par l'intermédiaire du SOE et du BCRA, étant ainsi une réalité. Car comment se battre si on n'a pas d'armes ?
Selon les études des historiens plus de 10 000 tonnes d'armement ont été envoyés en France par plus de 7000 parachutages dont la moitié le furent au cours de l'été 1944. Quant aux 224 atterrissages ils étaient effctués par les petits Lysander puis par Hudson. 1100 passagers, civils et militaires, sont ainsi arrivés ou partis de France.

Deux réseaux de parachutages sont mis sur pied depuis Londres: le S.O.E. et la S.A.P.
- le SOE (Special Operation Executive) est un réseau anglais voulu par W.Churchill dans le but d'armer et d'aider les mouvements de résistance dans les pays occupés par les nazis. Pour la France le réseau s'appelle "Buckmaster" du nom de son dirigeant national.
- la SAP (Section Atterrissage Parachutage) dépend du BCRA, service de la France-Libre à Londres placé sous l'autorité du Général de Gaulle.

Dans le département des Basses-Alpes


- Le SOE a comme responsable le Dr Jouve d'Aiglun qui est sous les ordres de Francis Cammaerts, alias Roger, chef de l'important réseau régional "Jockey" dont le Q.G. est à Digne puis à Seyne-les-Alpes.
C'est un réseau de parachutages et d'actions (sabotages). Le radio en relation avec Londres est Floiras; deux services de radio internes opèrent à Valensole et à Castellane en direction d'Antibes.
A l'automne 1943 une dizaine d'équipes sont en place; en novembre arrivent les premiers parachutages dont bénéficient aussi l'AS et l'ORA.

- La SAP est dirigée par le poète René Char, alias Alexandre, dont le Q.G. est à Céreste. Le responsable régional est Camille Rayon, alias Archiduc.
Il est opérationnel aussi à l'automne 1943. Des équipes sont en place à Forcalquier, Céreste, Banon, Puimoisson, Oraison, Valensole, Gréoux, Seyne. Il comprendra une trentaine de terrains et mobilisera jusquà 400 hommes et femmes.
Naturellement des problèmes surgissent au sujet de la répartition des armes dont les FTP ne sont pas bénéficiaires. Il y aura des rapts, des partages forcés mais aussi, ici et là, des arrangements cordiaux tant avec le SOE qu'avec la SAP mais il faudra attendre les combats de la Libération pour que ce délicat problème soit résolu réglementairement entre les FFI.