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La Résistance

LES SABOTAGES


Sans doute la première forme de résistance en France occupée fut le sabotage, spontané, individuel ou collectif et organisé, le but des saboteurs, des hommes, des femmes et même des adolescents, etant d'entraver, retarder, détruire les installations ou le matériel utilisé par l'occupant. Etaient visés, par exemple,  les fils téléphoniques, les poteaux électriques puis les matériels divers et les transports ferroviaires. Il y eut aussi des sabotages dans l'Administration.

sabotage voie ferree

Les sabotages des voies ferrées et des ponts étaient les plus spectaculaires et parmi les plus redoutés de l'ennemi car les déraillements de convois de militaires allemands avec leurs pertes en vie humaine atteignaient le moral de ces derniers. Les saboteurs risquaient la peine de mort. Ce fut le cas d'Etienne Achavanne qui fut le premier français fusillé, le 4 juillet 1940,  pour avoir sectionné des cables électriques sur un terrain d'aviation près de Rouen. Ce fut le cas également de Blanche Paugham, de Boulogne-sur-Mer, la première femme condamnée à mort pour le même motif. L'un et l'autre, qui ne se connaissaient pas, avaient décidé de résister à leur façon, seul et sans arme. Il y eut des équipes devenues célèbres comme celle des FTP-MOI de Manouchian à Paris et celle de Marcel Langer à Toulouse, la Compagnie Marat à Marseille et beaucoup d'autres.

En été1944 la libération du pays est en vue. Les sabotages sont naturellement intégrés au plan des Alliés, celui du " jour J " des débarquements tant attendus. L'alerte est donnée à la BBC par les messages relatifs au plan vert, plan violet... Ces sabotages étaient primordiaux pour empêcher les renforts allemands de parvenir dans les zones choisies pour les débarquements. Des jeunes prenaient parfois des initiatives comme celle de déplacer et ou retourner des panneaux indicateurs sur les routes, semant la perturbation dans les convois de l'ennemi

Dans le département des Basses-Alpes

Dans le département des Basses-Alpes 48 sabotages furent réalisés contre les transports ferroviaires entre le 16 mars 1943  et le 6 août 1944 .
D' autres formes de sabotages eurent lieu entre le 13 septembre 1943 et le 12 août 1944,  soit 57 sabotages.
Quelques-uns des plus audacieux et des plus spectaculaires sont:
 - 11 novembre 1943 : une cinquantaine de poteaux télégraphiques sciés
 -  4 décembre 1943, 15 janvier 1944,10 et 19 mai 1944 : sabotages des installations électriques et des machines de l'usine Pechiney à St-Auban pour ralentir la production d'alumine
 -  5 mars 1944 : usine de Gardanne (B.du R.), destruction de 19 autoclaves
 -  1° mai 1944 : à la mine de charbon de St-Maime, la Résistance fête à sa façon la "St-Philippe", Vichy ayant remplacé la fête du Travail par la fête du Maréchal !
-  25 mai 1944 : usine Carbonite de Sisteron
 - 17 mars 1944 : sabotage électrique empêchant la diffusion d'un film allemand de propagande à Digne.

La moitié de cette centaine de sabotages eut lieu entre les deux débarquements, du 6 juin au 12 août 1944.