LA RESISTANCE DE A A Z

Jean-Marie GUILLON

BIOGRAPHIES de RESISTANTS (région toulonnaise principalement)

Avertissement

1 - Ces notices biographiques sont tirées de ma thèse de doctorat La Résistance dans le Var, Aix-en-Provence, 1989, tome III. Elles ont été éventuellement complétées. Mais pour plus de détails on se reportera à cette thèse.
2 - Toute utilisation suppose que cette référence soit donnée. Les renseignements ci-dessous sont partiels, sans doute comportent-ils des erreurs. Toute rectification et tout complément seront les bienvenus.
3 - Depuis la rédaction de ces notices, j'ai repris dans le cadre de ma chronique trimestrielle dans Résistance Var, le bulletin de l'ANACR du Var (intitulée "la résistance de A à Z", commencée en 1993 avec une série de notices couvrant par ordre alphabétique les 153 communes du département) la publication des principales biographies de résistants varois. Certaines des notices suivantes ont été complétées ou corrigées. On pourra se reporter à ce bulletin (s'adresser au siège de l'ANACR, 26 rue Jean Jaurès, 83 000 Toulon, tél. 04 94 62 60 75).
4 - Ces notices ne constituent pas un tableau d'honneur. Elles fournissent des indications succintes, partielles, portant essentiellement sur la période 1939-1945 et très peu sur la suite des itinéraires individuels. Ce sont des résistants ayant joué un rôle significatif sans que cela préjuge d'un jugement de valeur. D'autres personnes pourraient être, mériteraient d'être ajoutées à cette liste.
5 - Il s'agit de résistants toulonnais ou des localités voisines (La Seyne exceptée) ou ayant eu un rôle à Toulon pendant cette période (ou éventuellement devenu une personnalité toulonnaise) ou bien encore de Varois dont le nom est honoré à Toulon).
6 - Le pseudonyme est en italiques ; entre parenthèses sont donnés les résistants avec lesquels le personnage a été en contact et aux notices desquels on peut se reporter.
Les indications bibliographiques renvoient à des ouvrages publiés. Les sigles DBMOF désigne le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français dit "le Maîtron" du nom de son créateur (Editions ouvrières, plusieurs dizaines de tomes parus, rassemblés désormais en un CD-ROM, pour le XIXe s. et la première moitié du XXe s.).  

Abraham Marcel Jacques Ducange : 1898-1955, homme de gauche, d'origine juive, écrivain et professeur agrégé de lettres, membre des cabi-nets d'Anatole de Monzie (1932) et de Jean Zay (1936), inspecteur général de l'enseignement en 1940, révoqué en octobre 1940. Membre du groupe du Musée de l'Homme à Paris, replié à Toulon avec ses soeurs après le démantèlement du réseau, participe en 1941 à la formation du premier groupe Libération, puis de Franc-Tireur (Oukrat, Mentha, Uhlmann), assiste aux réunions des socia-listes toulonnais (Risterrucci, Michel), fournit des renseignements au réseau Interallié (Trolley de Prévaux, Lévy-Rueff), favorise le rapprochement des trois mouvements en 1942 et aide à leur fusion par la suite. Est en relation avec la résistance lyonnaise (Yves Farge qui vient chez lui en novembre 1942 pour faire un reportage sur le sabordage, les Martin-Chauffier, Aveline, etc.). Reste en relation régulière avec Jean Zay emprisonné. Participe aux Cahiers du Sud. Quitte Toulon après l'arrivée des Allemands. Se réfugie dans l'Aude. Devient à la Libération adjoint du commissaire de la République à Toulouse.
Inspecteur d'académie à Paris à la Libération, puis inspecteur général de l'Education nationale Représente la France à l'UNESCO. Directeur du cabinet de P. O. Lapie en 1950.
Bib. : In memoriam Marcel Abraham 17 juin 1898 - 17 février 1955, Paris, 1956 - Jean Cassou, Une vie pour la liberté, Paris, R. Laffont, 1981, Simone Martin-Chauffier, A bientôt quand même, Paris, Calmann-Lévy, 1976.

Altieri : d'origine corse, les trois frères Altieri ont été des résistants ac-tifs.
Ludovic, né à Oran en 1912, est commis des contributions directes à Draguignan, sous la direction de Julien Cazelles. Socialistes SFIO. En contact avec les francs-maçons réorganisés clandestinement en 1941. Participe à la création de Combat et de l'AS comme chef-adjoint de Jean Cassou, puis, en février 1943, comme responsable pour le secteur de Draguignan (en liaison avec Duboin, Fourrier, Soldani). Organise les premières actions immédiates du secteur (mars 1943) et tente de mettre sur pied un maquis AS. Arrêté par la police de Vichy le 26 mars 1943, relaxé deux mois plus tard avec la complicité des magistrats dracénois. Identifié dans le rapport Flora. Participe dès lors plutôt au renseignement en liaison avec Cazelles. Menacé d'arrestation, rejoint Marenco à Lyon en jan-vier 1944. Revient dans le Var en mars et fait du renseignement dans le secteur de Saint-Tropez. Favorise l'installation du radio de François Pelletier à Draguignan, puis à Saint-Tropez. Rejoint Draguignan à la veille du débar-quement où il participe très activement à la Libération.
Membre du CLL, conseiller municipal MLN-SFIO en 1945, correspondant du Provençal puis de République (chronique sportive). Artiste peintre. Mili-tant des organisations de Résistance après-guerre, président du Co-mité d'entente de ces associations jusqu'à sa mort en 1996.
Jean Clément: 1915-1964, inspecteur des impôts à Draguignan, socia-liste, chef NAP de l'arrondissement (Cazelles, Soldani), chef de groupe FFI, par-ticipe à la Libération de Draguignan.
Membre du CLL, secrétaire de rédaction de Résistance, hebdoma-daire du MLN.
Raoul : né en 1910 en Corse, ouvrier aux écritures, puis agent tech-nique de l'arsenal de Toulon, militant SFIO, gérant du Populaire du Var en 1939, franc-maçon. Membre du groupe socialiste toulonnais (Michel, Risterrucci). Participe activement à la reconstruction clandestine des tri-angles maçonniques et du Parti socialiste. Travaille en liaison avec l'AS (Marquis), le Groupe franc Raimu et les Forces unies de la Jeunesse en 1943-1944.
Membre du Conseil d'administration du Var Libre à la Libération, membre de la déléga-tion municipale de Toulon (chargé de la réquisition des locaux), membre du CDL en octobre 1944.

Amigas Henri-Emile Deloncle : 1891-1968, originaire des Pyrénées-Orientales, gazé pendant la Grande Guerre, pensionné, croix de guerre, an-cien em-ployé consulaire des Etats-Unis, voyageur de commerce, membre du PPF jusqu'en 1937. Condamné pour écoute de la BBC en septembre 1941, participe à la création de Combat à Toulon dont il devient le secré-taire départemental en octobre 1942. Secrétaire, puis chef départemental des MUR (été 1943). Secrétaire du CDL du Var. S'occupe particuliè-rement des finances, de l'administration, des Groupe franc et du service social des MUR. C'est l'un des résis-tants les plus importants du département, le bras droit de Sarie et d'Arnal, as-surant de très nombreux contacts et la bonne marche de l'organisation jusqu'à la Libération. C'est chez lui que la Libéra-tion de Toulon est préparée.
Membre du CDL, du MLN puis du MURF après la Libération (vice-président). Participe à la reconstitution du Parti radical-socialiste (membre du bureau fédéral), puis au RPF dont il est le président dépar-temental en 1947. Adjoint au maire de 1948 (démissionne en décembre, car exclu du RPF) et en 1953.
Croix de guerre 1939-1945 avec palmes, officier Ordre de la résistance, Légion d'honneur.
Bib. : tém. dans Le Petit Varois-La Marseillaise du 14 août 1964, Hommages à Henri-Emile Amigas, Aubagne, 1969.
Amigas Georgette née Santes Tantine : son épouse, 1899-1972. L'a constamment assisté. Responsable départementale du service social des MUR en 1943-1944.
Membre de la délégation municipale de Toulon à la Libération (adjointe aux oeuvres sociales). Ani-matrice des femmes du MLN, puis membre du comité directeur du MURF. Administratrice puis présidente du COSOR. Présidente des Femmes radicales-socialistes et candidate radicale-socialiste à la Constituante en 1945. Membre du comité d'initiative du RPF.
Légion d'honneur
Amigas Edgar : 1919-1945, leur fils, étudiant à Grenoble à l'Institut polytechnique. Membre du réseau Mithridate et de Combat, chargé des parachutages et du Groupe franc de l'Isère. Arrêté par la police de Vichy en septembre 1942 à Montluçon, condamné à cinq ans de travaux forcés, emprisonné à Clermont-Ferrand, participe à la révolte de la centrale d'Eysse, déporté, mort à Flossem-burg le 26 avril 1945.
Son nom a été donné à un boulevard de Toulon.
Bib. : Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France, Paris, R. Laffont, tome 2, p. 518.

Armando Esprit : 1904-1945, originaire de Toulon, ouvrier menuisier à La Seyne, militant communiste (secrétaire adjoint de la section de La Seyne en 1930) et syndicaliste (CGTU, puis membre du bureau de l'Union locale CGT). Chargé de reconstituer le PCF clandestin dans l'été 1940, membre du trio de direction, interné à Chibron par arrêté du 14 novembre 1940, condamné à dix ans de travaux forcés par le tribunal maritime de Toulon le 24 juillet 1941. Déporté, mort à Neuengamme.
Une rue de La Seyne porte son nom.
Son frère Edouard Marcel : 1909-1971, ouvrier menuisier lui aussi, est membre du bureau régional du PCF en 1939, arrêté le 10 novembre 1939, condamné à 19 mois de prison, emprisonné à Nîmes, libéré le 10 oc-tobre 1941, caché par Bardin à Barjols plusieurs mois. Assure plusieurs responsabilités clan-destines jusqu'à la Libération, d'abord dans le Vaucluse, puis à la tête du syndicat des métaux de la zone Sud, ensuite comme respon-sable politique à Lyon et enfin à Toulouse.
Instructeur du Comité central,. Secrétaire fédéral du PCF varois de 1947 à 1951.
Légion d'honneur, croix de guerre 1939-1945.
Bib. : DBMOF

Arnal Frank Macie (F2), Franklin et Duquesne Gérard (S.R MUR) : 1898-1985, d'origine cévenole et protestante, pharmacien à Toulon, prési-dent du syndicat des pharmaciens du Var, capitaine d'artillerie pendant la 1ére Guerre mon-diale, croix de guerre, membre de la SFIO et de la Ligue des Droits de l'Homme. Participe aux débuts du réseau Interallié (Havard), est en contact avec Jean-Pierre Lévy, créateur de Franc-Tireur et avec l'ingénieur Braudel. Arrêté le 30 octobre 1941 et incarcéré à Mar-seille, à la suite des arrestations opérées dans cette ville (Bardanne, etc.). Libéré en mai 1942, il bénéficie d'un non-lieu en juillet. Prend contact avec Sarie et organise Combat, puis les MUR avec lui. Est un des créateurs du CDL qu'il préside à partir d'octobre 1943. Remplace d'Ivernois à la tête du SR des MUR en R2 (été 1943). Doit se cacher après l'arrestation de sa secrétaire, le 2 novembre 1943, d'abord chez les Dominicains de la Sainte-Baume, puis dans le Haut-Var, enfin près d'Hyères (ferme Humbert) Est l'une des plus importantes personnalités de la Résistance varoise qu'il di-rige, du côté gaulliste, jusqu'à la Libération avec Sarie et Amigas. Participe à la préparation de la Libération de Toulon, en liaison avec la mission Sampan, et aux combats pour cette Libération au cours desquels il est blessé.
Reste président du CDL après la Libération. Est alors désigné comme président de la délégation municipale de Toulon. Directeur poli-tique du quoti-dien République de 1946 à 1954. Conseiller général du 2e canton entre 1945 et 1948. Député à la Constituante. Réélu jusqu'en 1958. Secrétaire d'Etat à la Marine de juin à oc-tobre 1957. Quitte la SFIO pour rejoindre l'Union travailliste alors. Maire de Vialas (Lozère) de 1964 à 1977. Prési-dent du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens de 1947 à 1953 et de 1961 à 1980, vice-président de la Fédération internationale de la pharmacie.
Commandeur de la Légion d'honneur, croix de guerre 1914-1918 et 1939-1945, rosette de la Résistance, commandeur de la Santé publique.
Bib. : Var Matin 15 août 1974 (La Résistance fut un grand moment de l'Histoire de France) et art. nécrologique 24 juin 1985 - DBMOF.

Arnaud Emile : né en 1872, avocat toulonnais, secrétaire général de la Fédéra-tion varoise du Parti radical-socialiste et président de la section de Toulon, membre de la Libre-pensée et de la Ligue des Droits de l'Homme, maire d'Aiguines dans le Haut-Var, révoqué le 13 août 1941 pour son écoute ostensible de la BBC. Franc-maçon, participe à la reconstitution clandestine de la franc-maçonnerie (Custaud), rédige les statuts du journal  projeté par Henri Michel pour la Libération.
Son fils, Tony, clerc de notaire, franc-maçon, chef aux Eclaireurs de France, est l'adjoint du chef départemental des Forces unies de la Jeunesse Chambardon en 1944. Parti-cipe au maquis de Siou-Blanc et aux opérations de la Libération de Toulon.

Bardanne Jean Guépard : né en 1894 en Belgique, de son vrai nom Georges Bauret, d'origine lorraine, carrière assez agitée de journaliste (Actualités, L'Eclaireur de Nice, Le Petit Niçois, l'Alerte, etc.), correspon-dant d'une agence de presse américaine, aurait travaillé pour le 2e Bureau en 1914. Articles dans Le Petit Var, en particulier en juin-juillet 1940. Est en contact avec le général Cochet, participe au réseau Interallié et au réseau Nilo (Herbinger) à Marseille, arrêté en novembre 1941 dans la chute de l'antenne du SOE. Replié à Toulon après l'occupation de la zone Sud (février 1943). Participe au ré-seau Alliance. Diffuse le Bulletin jaune, puis Francam, bulletin d'informations clandestin en 1943. Menacé d'arrestation en février 1944, peut fuir grâce à des complicités dans la police et la justice (Dubost), se réfugie à Bruxelles où il participera à la libération d'Herbinger emprisonné en Belgique.
Auteurs avant et après la guerre de nombreux ouvrages de fiction ou de reportage.
Bib. : Le plan de Gibraltar (souvenirs nébuleux et romancés) - M. Foot, SOE in France, Londres, BBC, 1966.

Baron Marc : 1892-1952, descendant du président de la Convention Jourdan, représentant en huiles et carburant, militant SFIO, candidat aux élections législatives en 1935, adjoint au maire de La Seyne, chargé de la section de Saint-Mandrier, frère du député SFIO des Basses-Alpes. En contact avec le MLN et Franc-Tireur en 1941. Participe à la création de Libération en 1942 (Fraysse, Verviers), puis à celle du réseau Gallia. Dirige la manifestation du 14 juillet 1942 à Saint-Mandrier ce qui lui vaut une ar-restation préventive le 20 septembre suivant. Est un des créateurs des MUR dans le Var et la R2, chargé de leur secrétariat. Arrêté dans le cadre de l'affaire Flora dans la nuit du 10 au 11 mai 1943. Emprisonné à Marseille, puis à Fresnes. Déporté à Buchenwald.
Créateur de la Fédération des déportés et internés de la Résistance dès son retour. Membre de la direction départementale de la FNDIRP. Membre du bureau de l'UDSR. Membre du Conseil d'administration de République en 1946 (en démissionne en octobre). Adjoint spécial pour Saint-Mandrier dont il sera le premier maire après son détachement en commune. Secrétaire géné-ral adjoint du MLN en 1945.
Médaille de la Résistance, Légion d'honneur, croix de guerre 1939-1945.
Son nom a été donné à une rue de Saint-Mandrier en 1953 et au théâtre municipal, ainsi qu'à une ave-nue de Toulon.
Son épouse, L'Echel Pignoux Yvonne, née en 1898 à Paris, qui participait à ses activités, est arrêtée avec lui en 1943. Relâchée, elle est as-treinte à rési-der dans la Drôme.
Militante SFIO (présidente du comité varois de solidarité de la SFIO) et candidate UDSR à la Constituante en 1945. Présidente des Pionniers de la Résistance. Candidate à diverses élections en 1945-1946 (Constituante et As-semblée nationale). Est une animatrices des associations d'anciens résistants après-guerre (présidente de l'UD-CVR) et jusqu'à sa mort en 1996 l'une des figures du mouvement associatif résistant à Toulon.
Bib. : DBMOF

Barra Mathieu : né en 1903 à Toulon, fils d'immigré italien, ouvrier boulanger, militant communiste (comité régional du PCF et comité départemental du Secours rouge) et syndicaliste (secrétaire du syndicat des ouvriers boulangers, membre du comité exécutif régional de la CGTU et de celui de l'Union locale CGT en 1936). Signe une lettre de non-appartenance au PCF en 1940. Est membre du triangle de direction de la CGT clandestine en 1943-1944 (Bessone, Vidal). Quitte Toulon fin avril-début mai 1944 lorsque sa famille est évacuée.
Secrétaire général de l'Union locale de Toulon en 1945.
Bib. : DBMOF

Barrat Fernand Jean : né en 1914 à La Garde - décédé à Garéoult en 1992, ajusteur à l'arsenal de Toulon, secrétaire de la section SFIO de La Garde, syndicaliste CGT. Membre du groupe local du mouvement Libération (Zunino fils, Raybaud, etc.) puis du Front national (Cantogrel, Rigon) avec lequel il met en rapport l'ancien député Zunino. Adhère au PCF clandestin (Llante, Airoldi, Lambert). Intégré aux FTP, est chargé de mettre sur pied les Milices pa-triotiques, dont il est le chef départemental, en 1944. Participe à la libéra-tion des faubourgs Est de Toulon.
Responsable des Forces républicaines de sécurité créées dans le Var en septembre 1944, homo-logué comme lieutenant-colonel, puis commandant de CRS jusqu'à la dis-solution qui a suivi les événements de Marseille de novembre 1947. Membre du bureau fédé-ral du PCF jusqu'en 1950, de la direction départementale des "Amis des FTPF", et des Combattants de la Liberté. Conseiller muni-cipal de Garéoult de 1959 aux années 1980. Responsable national du Syndicat national de l'administration universitaire (FEN), a été vice-président de la faculté des Sciences à Marseille, membre du Conseil supérieur de la recherche durant cinq ans. A été l'un des présidents départementaux de l'ANACR.
Croix guerre 39-45, chevalier de l'Ordre national du Mérite, officier des Palmes académiques.
Bib. : F. Barrat et Maurice Agulhon, C.R.S. à Marseille 1944-1947, Paris, PFNSP-Armand Colin,  - DBMOF

Battaglia : famille de communistes de Sainte-Maxime, d'origine ita-lienne dont trois des fils moururent dans la Résistance. Parmi ceux-ci :
René André, 1913-1945, facteur auxiliaire des PTT à Toulon, res-ponsable technique du PCF et du FN dont il assure le tirage des tracts et des journaux, dénoncé par Le Tatoué, arrêté par le SD le 15 janvier 1944, ne dé-nonce personne sous la torture, déporté à Elrich, assassiné le 10 avril 1945.
Bib. : DBMOF
Baudoin Pierre Teddy : 1905-1981, lieutenant de vaisseau, né à Brest, adjoint du capitaine Blouet au SR Marine (SR Edouard). Il en devient le vrai respon-sable après le départ de Blouet pour Vichy. Collabore avec les MUR (Sarie et Arnal), prépare avec eux et avec la mission Sampan la Li-bération de Toulon (Midoux, Sanguinetti, etc.). Participe aux combats de la Libération de Toulon.
Chef de cabinet du préfet maritime à la Libération, membre du cabinet du ministre de l'Armée en mars 1946, termine une brillante carrière dans la Marine comme vice-amiral d'escadre en 1961, préfet maritime à Toulon en 1962 et commandant de la zone de la Méditerranée occidentale de l'OTAN en 1963.
Grand officier de la Légion d'honneur.
Bib. : Var Matin 15 août 1974 ("30 ans après... quelques lignes pour se souvenir"), contribution à La Résistance en Provence, sous la direction de Rémy, op. cit. ("La Marine dans la Résistance", pp. 169-193).
Becker Antoine : d'origine alsacienne, ancien combattant de la 1ère Guerre mondiale, commissaire de police, ancien chef du Contre-espionnage en Alsace ayant démantelé des réseaux de l'Abwehr. Directeur de la Police d'Etat de Toulon-La Seyne en 1942, maréchaliste ardent, se cache à Cabasse lors de l'occupation de la zone Sud, prend le poste de commissaire central de la police spéciale à Marseille avec les assurances de Vichy pour sa sécurité, arrêté par les Allemands au début décembre 1943. Déporté et exécuté en août 1944.
Une rue de La Valette porte son nom.

Bertolino Jean-Marie Jean Bellon : 1906-1945, garçon de café, né à Paris, militant communiste (secrétaire départemental de Paix et Liberté) et syndicaliste (CGTU). Secrétaire de l'Union locale de Toulon, puis de l'Union départementale CGT (avril 1939). Arrêté en avril 1940 alors qu'il est mobilisé, non-lieu le 10 juin 1940. Licencié de son emploi de cuisinier sur Le Rhin en août 1940, bien que s'étant désolidarisé du PCF. Interné à Chibron par arrêté du 14 novembre 1940. Interné à Fort-Barraux (où il aurait été mis à l'index), puis Saint-Sulpice d'où il s'évade fin fé-vrier 1943. Se cache dans les Maures (quartier de Cargues) avec le Lucois Mauro, évadé lui aussi, et fait du charbon de bois pour le compte de bûcherons des Mayons. Est rejoint par trois Toulonnais et aurait été en contact, par là, avec l'AS de Toulon (Orsini) qui projette d'utiliser le site pour y constituer un ma-quis. Bertolino renoue alors avec le PCF et rejoint les FTP. Est chargé par le commissaire aux opérations régional Faurite de réceptionner les rescapés du maquis de Sainte-Maxime (mai 1943). Devient commissaire aux opérations du camp Faïta dont il est la personnalité respectée et ef-fectivement dirigeante. Faurite lui donne la responsabilité des maquis de l'interrégion à l'automne. Est arrêté avec Labise le 26 novembre 1943 près de Flassans. Déporté à Buchenwald, Sarrebrück. Meurt à Mathausen le 19 avril 1945.
Homologué capitaine à titre posthume en 1947 et Légion d'honneur la même année.
Bib. : biographie dans Le Var syndicaliste n° 11 du 10 août 1945 -  DBMOF
Bertrand Edmond Xavier Lalan : 1921-1984, ouvrier de l'arsenal de Toulon, syndicaliste CGT. Réfractaire au STO en juillet 1943, caché au Beausset dans un petit maquis, échappe à l'arrestation le 13 février 1944, rejoint le maquis AS Vallier grâce aux Forces unies de la Jeunesse (28 février). Passe aux FTP du camp Robert le 18 juillet 1944.
Engagé dans le régiment FFI des Maures à la Libération. Secrétaire géné-ral des "Amis des FTPF" à partir de 1948 (et jusque dans les années 60), membre de la direction des Combattants de la Liberté. Emprisonné au moment de l'affaire du "complot" en 1952, alors qu'il est membre du bu-reau fédéral du PCF.

Bessone Joseph Fernand : 1912-1987, ouvrier de l'atelier des machines de l'arsenal de Toulon, fils d'un militant communiste licencié de l'arsenal en 1941. Résistance individuelle avec Edmond Mouska qui lui sert de mentor. Adhère au PCF clandestin en 1942. Chargé de reconstituer la CGT dans l'arsenal. Membre du triangle départemental de la CGT en 1943 (Jean Seine, Vidal, Barra). Rédacteur du journal d'entreprise clandestin La Cloche et l'un des ani-mateurs de la lutte syndicale. Participe à la réunification de la CGT qu'il représente au CDL en juin 1944, en remplacement de Vidal.
Membre très actif du CDL après la Libération (commission des municipalités). Membre de la direction de l'Union départementale CGT et de celle du PCF (secrétaire fédéral adjoint, responsable à la propagande, puis aux cadres). Em-prisonné pendant l'affaire du "complot" en 1952. Journaliste au Petit Varois en 1956. Dirigeant de l'ANACR du Var dont il était le président départemental à sa mort.
Bib. : art. nécrologique La Marseillaise 16 avril 1987.

Blouet Jacques Edouard : né en 1901 à Paris, capitaine de corvette à Toulon en novembre 1941, chef adjoint du 2e Bureau Marine en 1942, res-ponsable de la Sûreté navale à Toulon en novembre 1942, puis à Vichy en février 1944. Fournit des renseignements au commissaire Petitjean (Surveillance du Territoire). Créateur du SR Marine (SR Edouard) à partir de décembre 1942 et effecti-vement en août 1943, lorsque le contact est établi avec Alger (par le lieutenant de vaisseau Flichy). Envoie alors le capitaine de corvette Barthélémy à Alger pour chercher du matériel radio. Nombreux contacts (Braudel, Lévy-Rueff, Léonelli, etc.). Recherché par le SD dans le cadre de l'affaire Catilina (juin 1944).

Blum Robert Robert, puis Baudricourt : 1885-1944 ou 45, industriel du tex-tile, juif alsacien, né à Mulhouse, lieutenant-colonel de réserve, créateur d'un groupe de Résistance à Toulon en 1941. Rejoint Combat vers mai 1942 dont il devient le chef départemental, ainsi que le chef de l'AS, en liaison avec Chevance. Part de Toulon pour Grenoble en septembre 1942. Arrêté peu après. Interné à Drancy dont il est le commandant juif. Participe à la Résis-tance inté-rieure du camp. Après la découverte du tunnel qu'elle creuse, Blum et 64 cadres juifs sont déportés à titre de représailles. Mort en déportation ou fusillé.
Bib. : Maurice Rajfus, Drancy. Un camp de concentration très ordinaire, Paris, Manya, 1991, p. 234 et suiv. (jugement partial) - vision plus mesurée chez Lucien Lazare, La résistance juive en France, Paris, Stock, 1987, p. 268.

Bonnet Mercier : né vers 1890, capitaine d'active, chef du parc d'artillerie de l'arsenal de terre à Toulon, chef du secteur Sud du Var pour le camou-flage du matériel de guerre (CDM), prend la succession de Blum comme chef de l'AS de Combat. Peut-être représentant du réseau Carte à Toulon, participe au repé-rage de terrain de parachutage. Quitte Toulon peu après l'arrivée des Allemands en novembre 1942.

Bouchard Emile Emmanuel : 1913-1944, né à Toulon, étudiant, fils d'un entrepreneur gaulliste notoire, en contact avec Mentha en 1941 (affaire du chalutier Le Poi-tou), membre du Groupe franc de Franc-Tireur, participe aux premières actions im-médiates effectuées à Toulon. Devient FTP et communiste. Muté comme commandant de la 1ère Cie FTP vers novembre 1943. Arrêté par le SD le 18 janvier 1944. Déporté à Neuengamme, décédé à Orianen-bourg le 5 juin 1944.
A titre posthume : lieutenant FFI, croix de guerre, Légion d'honneur.
Son nom a été donné à un square de Toulon en 1972 (à Sainte-Anne, décision du conseil municipal du 8 mai 1972).

Braudel Raymond Lorrain : né en 1900, ingénieur en chef de l'artillerie na-vale à l'arsenal de Toulon, créateur de plusieurs groupes de Résistance au sein de l'arsenal avant l'occupation (groupe "Ordre et Vigilance" pour la sur-veillance et l'antisabotage, groupe "Lorraine" pour venir en aide aux Alsa-ciens-Lorrains et aux prisonniers évadés, réseau "France 551" pour constituer l'encadrement d'un régiment de chars de combat). Rattaché au réseau amé-ricain Sosie par l'intermédiaire du directeur des Forges et Chantiers de la Méditerranée (Veyssière), chef local du réseau qu'il remplace lorsque celui-ci est muté à Paris. Est en contact avec Arnal, Lévy-Rueff, Blouet et Baudoin. Se rapproche du MLN en 1944 qui le charge du "napage" de l'arsenal. Prépare la libération avec le MLN et la mission Sampan.

Brizzi Dominique Dom, Nique : né en 1908 en Corse, employé de l'arsenal de Toulon, socialiste. Membre du réseau Interallié/F2 depuis dé-cembre 1940. Est un des adjoints d'Havard, chargé d'organiser les missions de confiance. Est un de ceux qui font fonctionner le sous-réseau toulonnais jusqu'à la Libération.

Brun Auguste Volta : né en 1913 à Paris, décédé après-guerre. Respon-sable syndical CFTC, agent technique de l'arsenal de Toulon. Est l'un des créateurs du réseau Interallié/F2 à Toulon (Havard, Massei) à l'automne 1940. En relation avec Mentha et Jean-Pierre Levy, aide à la constitution du mouvement Franc-Tireur à Toulon, repéré lors de la manifestation du 14 juillet 1942, muté à Montpellier par son réseau le 10 mai 1943. Arrêté par les Allemands à Nîmes le 5 juin 1943. Reste muet sous la torture. Déporté à Buchenwald.
Responsable départemental de la Fédération nationale des anciens de la Résistance et de celle des déportés et internés résistants en 1945.

Bruschini Jacques Jean-Claude Sincenq : 1913-1944, ouvrier artificier de la Pyrotechnie de Toulon d'origine corse, communiste, délégué d'atelier en 1938, licencié en 1941, débitant de boissons. Agent du réseau F2 en 1943, chef de groupe AS, devenu Groupe franc Libération en 1944) en opposition avec la direction du MLN du Var et en liaison avec le régional Groupe franc Fourtoul et le respon-sable cadre du PCF (Claverie Paulus). Nombreuses actions dans la région toulonnaise ("récupérations", et exécution de collaboration-nistes français entre juin et août 1944 à Méounes et Toulon). Tué par les Allemands avec le jeune Sotgui, le 13 août 1944 (plaque à sa mémoire ap-posée en 1945 sur décision du conseil municipal du 13 juillet).

Camolli Marius Ariel : né en 1908 à Toulon, d'origine corse, dessinateur de l'arsenal de Toulon, résidant à Bandol, sympathisant communiste, signalé comme anglophile en février 1941. Est l'un des créateurs du réseau Interal-lié/F2 à Toulon (Havard) en novembre 1940, prend avec Massei les respon-sabilités de Brun après la mutation de ce dernier. Assure avec lui la survie du sous-réseau (Azur) en mars 1944 après l'arrestation de Trolley de Prévaux. Prend en charge le service technique d'émission du réseau en juin 1944 après l'arrestation du chef de service par la Milice.
Son frère Louis, né en 1903 à Toulon, ouvrier électricien de la ville de Toulon, est un militant SFIO actif du Revest (secrétaire de la section, prési-dent des Faucons rouges, conseiller municipal). Franc-maçon et membre de la Ligue des Droits de l'Homme. Perquisitionné en décembre 1940, licencié en jan-vier 1941. Agent du réseau Interallié et militant de l'AS (1942-1943). Chef du groupe AS/FFI du Revest. participe au maquis de Siou-Blanc et aux combats de la Libération.
Président de la délégation municipale du Revest durant quelques jours à la Libération.
Bib. : DBMOF

Cantogrel Raymond : né en 1913 à Paris, militant communiste comme son père, ajusteur-tourneur de l'arsenal de Toulon (jusqu'en 1942), radié de l'affectation spéciale, prisonnier évadé, transporteur-commissionnaire à la gare. Participe à la reconstitution du PCF clandestin en 1941 et 1942, agent de liai-son de la direction du PCF (Seine, Llante, Airoldi, Ducel, Battaglia, Demarch, etc.), assure de nombreuses missions d'hébergement et de transport. Met en rap-port des militants socialistes de La Garde où il ré-side (Barrat, Galfré) avec le PCF. Blessé à la Libération dans le secteur de Solliès-Pont.

Caratini Raphaël : né en 1909 en Corse, chaudronnier de l'arsenal de Toulon. Est un des reconstructeur du PCF clandestin en 1941-1942 (Mulland), probablement responsable à l'organisation et à la propagande, arrêté en mars 1942 et condamné à dix ans de travaux for-cés par le tribunal maritime de Toulon le 26 mai. Sa nièce (nom inconnu) avait été condamnée aux travaux forcés à perpétuité en mars 1941 à Lyon. Em-prisonné à Toulon, puis Eysses. Déporté à Dachau.

Castel Jean Avril : 1910-1982, ouvrier de l'arsenal de Toulon (atelier de l'électricité), militant communiste, participe à la reconstitution du PCF en 1941-1942, arrêté le 14 mars 1942 et condamné à un an de prison par le tribu-nal maritime, le 25 mai. Licencié de l'arsenal, est, après sa libération, ou-vrier électricien chez Degréane. Nommé commissaire aux opérations du 3e sous-secteur FTPF (Vautrin) en avril 1944 qu'il tente de réorganiser, est un des dirigeants des combats de la Li-bération au centre de Toulon.
Responsable de la commission militaire du CDL en 1945, membre du bureau fédéral du PCF en 1950, responsable du CDLP, membre de la direc-tion des Combattants de la Liberté. Est l'un des dirigeants des "Amis des FTPF", puis de l'ANACR (vice-président, puis président jusqu'à sa mort, membre du bureau national).
Un square de Toulon porte son nom (1987).

Cazalbou Jean Arthur : professeur de lettres au lycée de Toulon depuis 1938, originaire de l'Ariège, socialiste, participe à la Résistance intellec-tuelle en liaison avec des amis enseignants de Marseille (L'Université Libre), contact avec Georges Sadoul qui diffuse Les Etoiles, participe à Franc-Tireur avec Uhlmann, coupé après l'arrestation de ce dernier, re-noue en 1944 et en devient le respon-sable départemental (Fourtoul), adjoint d'Amigas aux MUR, prend la respon-sabilité du NAP en juillet 1944.
Membre du CDL après la Libération. Censeur au lycée. Rédacteur en chef de La Liberté du Var (éditoriaux sous la signature de Sylvain), responsable à la propagande du MLN, partisan de la fusion avec le FN, ad-hère au PCF en avril 1945, est l'un des dirigeants du MURF (vice-prési-dent et responsable de la propagande et de la presse). Membre de la déléga-tion municipale de Toulon à la Libération, adjoint au maire de Toulon en 1945. Est l'un des créateurs des Combattants de la Liberté en 1948. Rédacteur en chef du Petit Varois (jusqu'en 1949), puis des Allobroges à Grenoble. Président de l'Union nationale des intellectuels en 1948. Ecrivain.
Bib. : au milieu de nombreux ouvrages, un roman Anne et les ombres,Paris, Editeurs français réunis, 1971 dont l'intrigue se déroule à Toulon pendant la guerre et la Résistance.

Chambardon Alfred Colin : né en 1920, réfractaire au STO, prend le ma-quis dans le Vercors. Revient à Toulon en janvier 1944. Désigné pour être le nouveau chef départemental Forces unies de la Jeunesse, en liaison avec le chef régional Chabanon de Marseille et avec l'aide de Tony Arnaud. Participe à Siou-Blanc (Dr Lagier) et à la Libération du Revest avec ses groupes.
Chef des jeunes de la Libération nationale (JLN) à la Libération. Membre du comité départemental du MURF en 1945.
Croix de guerre et citation.

Cisson Georges Lebrun, Lucien, Roumi, Dubos : 1910-1944, pupille de la Nation de la guerre 14-18, chef de bureau aux Ponts-et-Chaussées à Draguignan, habitant aux Arcs, militant de jeune République et de la CFTC (membre du bureau départemental), fait voeu de pauvreté en 1935, engagé en faveur du Front Populaire, correspondant de Temps Pré-sent. Blessé pendant la guerre. Légion-naire jusqu'au 14 juillet 1943. Dirige les Eclaireurs de France du secteur. Crée un cercle d'études (Cazelles, German). Fait venir Stanislas Fumet à Draguignan (12 juin 1941) pour pré-senter le mouvement Les Temps Nouveaux. Diffuse la Voix du Vatican, puis Témoignage Chrétien. Désigné par Ruelle pour prendre en charge Combat fin 1941. Créateur de Libération dans l'arrondissement de Dragui-gnan, puis dirige l'organisation des MUR jusqu'à l'été 1943 (chargé de l'action politique, création du journal Résistance). Devenu chef départe-mental puis régional de Libération. Membre du directoire régional MUR en R2 (Sarie, Fourtoul) d'août à octobre 1943, chargé de la presse, du mou-vement ou-vrier et de la jeunesse. Est alors mis en congé maladie par Vidal, directeur des Ponts-et-Chaussées. A la demande de Juvénal, crée le journal des MUR de la R2, Provence Libre (avec Henri Michel) en décembre 1943. Responsable dépar-temental, puis régional (sans doute en janvier 1944) du NAP. Membre du CDL du Var. Délégué avec Henri Michel pour assurer la prise du pouvoir à Draguignan, le 6 juin 1944. Arrêté par le SD de Marseille dans le cadre de l'affaire Antoine, le 12 juillet 1944, au magasin de Charles Boyer. Fusillé à Signes le 18 juillet.
Sa mémoire est honorée en plusieurs lieux (une plaque aux Arcs, une rue à Draguignan depuis mai 1945, une rue à Ginasservis, un lycée d'enseignement professionnel à Toulon).
Bib. : DBMOF

Cordier Marcel Sardine : né en 1911 dans l'Oise. Gendarme maritime à Toulon, puis gendarme à Ollioules. Membre de l'AS, passé au Groupe franc Parti-cipe au vol d'armes dans la caserne des GMR d'Ollioules en décembre 1943 et, aupara-vant, à des actions similaires à plusieurs reprises dans l'arsenal de Toulon. Res-ponsable départemental Groupe franc en janvier 1944 (Amigas, Malique). Acteur de plu-sieurs opérations hors du Var, en particu-lier à l'évasion de la prison Chave à Marseille, le 22 mars 1944 (et héberge des évadés).
Mort pendant la guerre d'Indochine.
Bib. : Madeleine Baudoin, Histoire des Groupes francs (MUR) des Bouches-du-Rhône, Paris, PUF, coll. Esprit de la Résistance, 1961.

Costa Benjamin : né en 1916 à Carqueiranne, salarié de l'arsenal de Toulon, militant communiste, participe à la reconstitution du PCF en 1942, remplace Repetto comme responsable politique de l'arsenal. Réfugié à Tourves après le bombardement en 1944. Membre du groupe FTP.
Membre de la délégation municipale de Toulon à la Libération. Ré-dacteur en chef du Petit Varois en 1949.

Courros Charles Antoine Andrieux : 1921-1987, né en Grèce, ouvrier de l'arsenal de Toulon, membre du groupe AS d'Eugène Delangre, réfrac-taire au STO, dirigé par Orsini vers le groupe Bertolino aux Mayons, reste avec celui-ci et participe à la création du camp Faïta, chef de détache-ment et intendant du maquis, adjoint de Bouchard, commandant de la 1ère Cie FTPF de Provence à l'automne 1943, appelé par Faurite dans les Bouches-du-Rhône comme intendant régional.
Militant communiste, journaliste au Petit Varois, et membre de la di-rection départementale des "Anciens FTPF" après-guerre. Puis commerçant ambulant. Président du comité des fêtes de La Valette
Une salle des fêtes municipale de La Valette porte son nom.

Cozzano René : photographe à Toulon, membre du Groupe franc de Franc-Tireur, puis des MUR et du premier trio de FTP de Toulon (Repetto). Effectue le pre-mier attentat par explosif réalisé dans cette ville, contre le siège du SOL, le 7 novembre 1942.

Curetti Joseph : 1905-1944, né à Marseille, directeur de la société des charbons Radium à Toulon, responsable local de Franc-Tireur (Lècres, Uhlmann), arrêté le 22 avril 1944 dans le cadre de l'affaire Flora par le SD de Marseille. Mort en déportation le 22 février 1944.
Croix de guerre

Custaud Paul Constantin : 1890-1975, né en Algérie, licencié en droit, ancien combattant, capitaine de cavalerie de réserve en juin 1926, assureur à Toulon, membre du Parti socialiste de France, puis de la SFIO, vénérable franc-maçon Loge "La Réunion" (Grand Orient). Est l'âme de la reconsti-tution de la franc-maçonnerie clandestine dans le Var (Grand Orient et Grande Loge), en contact avec de nombreux résistants dans et hors du Var (Marseille, Lyon, Paris, etc.). Manifeste le 14 juillet 1942. C'est l'un des hommes carrefours de la Résistance varoise au contact de tous les mouve-ments et de réseaux (Brutus, F2, Jade, etc.). Représente la franc-maçonnerie au CDL du Var où il préside la commission des municipalités. Participe au projet de journal d'Henri Michel. Organise une caisse de solidarité. Est membre fondateur du CLL d'Aups en 1943 (Boyer) où il a aidé à créer l'A.S. Joue un rôle important dans la préparation de la Libération de Toulon.
Créateur du système de numérotation des ateliers adopté par le GO sur le plan national
Membre du CDL chargé de a mise en place des municipalités à la Libération. Participe à la la liste socialiste à Toulon en 1945. Est l'un des souscripteurs et des administrateurs du quotidien socialiste République en 1946.
Bib. : Pierre Chevallier, Histoire de la Franc-maçonnerie, Paris, Fayard, tome III, p. 378.

Cuzin François : 1914-1944, normalien, agrégé de philosophie, membre de la Jeunesse communiste en désaccord avec le pacte germano-soviétique, mis en relation par Merleau-Ponty avec Desanti et Sartre en 1941 et participe à Socialisme et Liberté. Professeur au lycée de Toulon à la rentrée 1941 (pour soigner une tuberculose rénale et parce que sa mère y réside). Adhère à Franc-Tireur (Abraham, Uhlmann) et membre de la commission de réflexion sur la presse. Professeur au lycée de Digne (Alpes-de-Haute-Provence) à la rentrée 1943, chef départemental de Franc-Tireur (pseudo Etienne), membre de la direction des MUR et de l'AS, chargé du 2e Bureau (sous-réseau Coopérateur/E du SR des MUR, en liaison avec Arnal). Participe au Comité national des Intellectuels de la zone Sud (réunions à Lyon). Membre du CDL, adhère au PCF en 1944. Arrêté à Oraison avec ses camarades du CDL le 16 juillet 1944, fusillé à Signes le 18 juillet.
Son nom a été donné à une avenue de Toulon, en novembre 1944, et à une salle de la Sorbonne (à la demande de Vladimir Jankelevitch).
Bib. : Jean Garcin, op. cit. sur son action dans les Alpes-de-Haute-Provence, et texte de F. Cuzin sur "La mort d'autrui" publié dans le n°16 de La Liberté de l'esprit, Visages de la Résistance, automne 1987.

Delfa Yolande Hélène : née à Lyon, d'origine italienne, naturalisée en 1940, sténotypiste à Toulon, secrétaire des MUR (Baron, Verviers), arrêtée dans le cadre de l'affaire Flora le 11 mai 1943 par le SD de Marseille.
Secrétaire adjointe des Combattants de la Liberté en 1948.

Demarch Jean Serge : né dans l'Yonne en 1913, d'origine lorraine, tail-leur de pierres, militant communiste, venu travailler à Hyères en 1942. Participe à la reconstitution du PCF comme responsable technique de la section. Remplace René Battaglia comme responsable technique départe-mental en 1944 à Toulon pour assurer l'impression des tracts et des jour-naux des diverses organisations clandestines.
Aidé par son épouse Del Cul Catherine, née en 1922 en Italie, qui est aussi agent de liaison et militante des comités de femmes.
Dirigeante départementale de l'UFF à la Libération et dans les an-nées qui suivent.

Deschamps Aimé : 1901-1981, fils d'officier, né à Toulon, professeur au Petit séminaire, vicaire à La Seyne, abbé de La Crau en 1939, capitaine de réserve. Délégué du Secours national. Participe avant l'occupation au mou-vement Combat. Ouvertement hostile aux occupants italiens ce qui lui vaut un avertissement de l'évêque en juillet 1943 et l'oblige à quitter La Crau jusqu'en septembre. Vient en aide aux Juifs, aux réfractaires, héberge des résistants, fournit des vivres pour les maquis. Participe à des actions de sabotage et au réseau Jade, puis Ritz-Crocus. Chef du groupe local AS- FFI. Combats de la Libération.
Président de la délégation municipale. Part en Indochine de 1946 à 1951 comme lieutenant-colonel du service de santé. Curé de Roquebrune-sur-Argens de 1951 à sa mort.
Croix de guerre avec palmes, Légion d'honneur (officier en 1957), médaille de la Résistance

Duboin Léon Camille : 1882-1943. Né à Nîmes, colonel de réserve (1940). Combattant de la 1ère Guerre mondiale à partir de 1914 (officier détaché auprès des unités russes par suite de sa connaissance des langues slaves), trois citations, officier de la Légion d'honneur en 1937, remobilisé en 1939. Frère de Jacques Duboin, député et fondateur du Mouvement français de l'Abondance. Participe à Franc-Tireur à Toulon en 1942 (Mentha). Chef départemental de l'AS fin 1942, puis chef régional en février 1943 en remplacement du général Schmitt. S'occupe particulièrement du SR de l'AS et des premières actions des Groupe franc. Arrêté par le SD de Marseille dans le cadre de l'affaire Flora, le 28 avril 1943, à Toulon ainsi que son épouse et Brown. Se suicide en cours de transfert à Marseille et décède au 425, rue Paradis.
Une rue de Toulon porte son nom et une plaque commémorative a été apposée sur son domicile le 22 août 1954.
Son épouse arrêtée en même temps que lui a été déportée à Ravensbruck.

Dubost Charles : né en 1906 (?) - décédé en 1991, d'origine jurassienne, prisonnier évadé, procureur de la République à Toulon, membre de Libération (1942), intervient dans plu-sieurs affaires en faveur de résistants menacés (Bardanne) ou arrêtés (Hacq). Ap-porte son concours au policiers résistants (Hacq). Obligé de se cacher, se réfugie à Signes jusqu'à la Libération.
Commissaire du gouvernement auprès de la Cour de Justice de Mar-seille après la Libération. Fait partie de la délégation française au tribunal in-ternational de Nuremberg.

Ducel Georges René : 1904-1974, né dans le Tarn, militant communiste et syndicaliste de la Haute-Garonne (membre du comité régional du PCF), instituteur, disciple de Célestin Freinet. FTP à Toulouse, recherché, muté à Marseille, puis à Toulon fin 1943, d'abord comme responsable organisation-propagande puis comme res-ponsable politique au triangle régional du PCF en remplacement de Jean Llante. Assure cette responsabilité jusqu'à la Libération (Seine, Lambert, Berthet, Diomelli, etc.).
Reste dans le Var jusqu'en février 1945 (direction du PCF et Conseil d'administration de La Liberté du Var). Rejoint Toulouse  où il assure des responsabilités poli-tiques à la Fédération du PCF. Adjoint au maire en octobre 1945. Conseiller municipal jusqu'en 1965.

Durand Marcel : né en 1913 à Toulon, ouvrier chaudronnier de l'arsenal, militant communiste  et syndicaliste comme son père, secrétaire régional de la Jeunesse communiste. Licencié de l'arsenal, tandis que son père est interné, travaille dans l'entreprise Ossude. Est un des militants qui reconstituent clandestinement le PCF et la Jeunesse communiste en 1940-1941 (Armando, Pellicia, Etienne Baptistin). Arrêté le 30 janvier 1941, interné à Saint-Paul d'Eyjaux, puis en Algérie (Bossuet), condamné à 5 ans de travaux forcés par le tribunal maritime de Toulon, le 24 juillet 1941. Empri-sonné à Toulon, Eysses où il participe à la révolte. Déporté à Lanzberg. Li-béré le 27 avril 1945
Est un des responsables de la F.NDIRP du Var, président de la sec-tion de Toulon de cette organisation, ainsi que de l'UFAC.
Bib. : DBMOF

Elmaleh Jacques Lautrec, Constantin, Commène : 1909-1943, libraire à Toulon. Adjoint au responsable départemental Groupe franc de Combat, Marenco. Part à Lyon avec celui-ci en mai 1943. Chef du service des liaisons du ré-seau Gallia. Participe à l'évasion du général de Lattre de Tassigny. Arrêté le 20 décembre 1943, ne parle pas bien que torturé atrocement, exécuté le 26 décembre 1943 ("tentative d'évasion").
Bib. : Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France, Paris, R. Laffont, tome 4, pp. 281-282.

Fillon Louis : né en 1905 dans la Seine, ouvrier de l'arsenal de Toulon, participe à le reconstitution clandestine du PCF en 1941 et 42. Membre du premier trio FTP de Toulon avec Repetto et Cozzano. Menacé, part dans les Alpes-de-Haute-Provence fin 1942.

Fleuret Prince : commandant de l'Infanterie coloniale (3e Sénégalais) en 1939-1940, résidant à Toulon, recruté pour Combat (Marquis) en 1942, sur ordre de Chevance dont il a été le compagnon d'armes. Succède au colonel Duboin comme chef départemental AS en 1943, mais menacé d'arrestations au cours de l'affaire Flora. quitte le Var.

Fortoul Frédéric Pierre, Gardel, Henri : 1910-1980, né à Toulon, or-phelin de père (mort en 1915), renvoyé du Prytanée militaire de La Flèche pour esprit de révolte (1926), dessinateur de l'arsenal de Toulon à partir de 1937, prisonnier évadé (avec l'aide de son frère Paul). Créateur d'un petit groupe gaulliste en 1942, "La Libération du Var". Arrêté le 13 août 1942 pour avoir confectionné des tracts dans l'arsenal. Condamné par le tribunal maritime à 6 mois de prison, le 1er octobre 1942. Participe à Franc-Tireur à sa sortie de prison. En devient le chef départe-mental après l'arrestation d'Uhlmann, puis le chef régional (juin 1943). Membre du directoire régional des MUR en R2 de l'été 1943 jusqu'à la Libération (Sarie, Cisson, puis Juvénal et Renard), chargé des Groupe franc, des ma-quis et des parachutages. Installé à Méounes au printemps 1944. Coupé de la direction régionale du MLN. Arrêté à Thèze, près de Sisteron, du 24 au 30 juillet 1944. Regagne Méounes où il participe à la Libération et à l'installation des municipalités résistantes.
Est un des créateurs des Pionniers de la Résistance en 1945 (secrétaire général et rédacteur en chef de leur journal). Président des médaillés de la Résistance. Créateur de l'Union nationale collectiviste en février 1945 qui fusionne peu après dans le Parti français  du Travail. Candidat du Mouvement Français du Travail à la Constituante en juin 1946. Adhère à l'Union gaulliste en octobre 1946. Publie deux ouvrages après-guerre : Doctrine des nations collectivistes (rédigé en 1939) et Le Ca-pital humain (Toulon, 1958).
Légion d'honneur. A d'abord refusé la médaille de la Résistance en 1945 parce que l'arsenal ne l'a pas réintégré. King's Medal for Courage. Croix de guerre avec palmes, etc.
Son frère Paul Régales : 1912-1945, revenu du Maroc en 1942 au moment de l'arrestation de Frédéric. Adhère à Franc-Tireur en octobre. Participe au réseau Gallia (documents sur le sabordage de la flotte). Nommé chef du réseau pour la région Sud-Ouest, avec pour "couverture" le poste de directeur des établissements Zimogaz, arrêté à Albi le 26 août 1943. Condamné par le tribunal spécial de Toulouse à 1 an de prison, le 12 no-vembre 1943. Emprisonné à Eysses. Déporté à Dachau. Mort à Flossem-bourg le 11 janvier 1945.

Fouque Lucienne : née en 1899 à Paris, infirmière major à l'Hôtel-Dieu de Toulon, responsable locale de l'antenne du réseau américain Hi-Hi en 1943 (Suzanne Bertillon). Arrêtée par l'OVRA le 17 juillet 1943. Em-prisonnée à Nice jusqu'en juin 1944.

Fraysse Pierre Sept, de Fabrèges : 1894-1950, né dans le Gard, comp-table à la mairie de Toulon, résidant à La Seyne. Franc-maçon, radical-so-cialiste (mais démissionnaire du parti en 1934), secrétaire du comité local du Front Populaire, correspondant de plusieurs journaux, historien de la franc-maçonnerie locale. Agent du réseau Interallié/F2. Participe à la re-constitution clandestine de la franc-maçonnerie (Custaud). Est un des créa-teurs de Libération dans le Var en 1942 (Baron, Verviers). Participe à sa diffusion dans la région de Brignoles. Membre du réseau Gallia. Arrêté par l'OVRA avec plusieurs amis le 23 juillet 1943, alors qu'il cherche à re-cruter un radio. Emprisonné à Imperia jusqu'en mars 1944, puis à Nice et Marseille. Libéré le 13 juin 1944. Interpellé à nouveau le 1er juillet 1944 avec sa soeur et son beau-frère (M. et Mme Duffourd, membre de la SAP).
Président du CLL de La Seyne. Très hostile à Lamarque et favorable à la fusion MLN/FN. Démissionne de la présidence locale du MLN à cause de son hostilité à la liste socialiste pour les municipales (mars 1945). Articles très hostiles aux Italiens dans Résistance. Deuxième adjoint au maire communiste à partir de 1945. Membre du comité départemental du MURF. Membre du comité directeur des Combattants de la Liberté en 1948.

Galfré Charles Robert Lecerf : né en 1921 à Toulon, typographe au Petit Var, militant socialiste, puis pivertiste (PSOP), résidant à La Garde, membre de Libération et du mouvement L'Insurgé en 1942-43 (Bourlot), délégué au "congrès" de Villeurbanne du mouvement qui devait avoir lieu en juillet 1943. Coupé de L'Insurgé, adhère au FN et à la Jeunesse communiste. Proposé pour diriger le Front uni de la jeunesse patriotique, mais remplacé par un gaulliste. Milite à la Jeunesse communiste (Caparros) en liaison avec les Milices patriotiques et la CGT clandestine.
Rédacteur en chef de La Provence Libre (FN) en 1945, directeur technique de La Liberté du Var. Par la suite, rédacteur en chef adjoint du Petit Varois (jusqu'en 1956), puis à République. Rédacteur en chef de ce quotidien de 1965 à 1983. Membre de la direction départementale de l'ANACR (années 19990). Auteur de plusieurs articles et ouvrages d'histoire varoise.

Ghibaudo André Edward Roberts, Walter Guy, Berthelot : né en 1893 à Toulon. Franc-maçon. Secrétaire de police à Toulon, chef du service des étrangers. Participe à la reconstitution clandestine de la franc-maçonnerie. Membre de Libération. Fournit une aide importante aux matelots d'origine alsacienne démobilisés en novembre 1942 (faux-papiers). Réseau Gallia et liaison avec le commissaire Petitjean. Signalé à Londres pour son abnéga-tion le 7 avril 1943. Considéré dans le rapport Flora comme l'adjoint de Leray. Arrêté par l'OVRA le 27 avril 1943. Supplice du giro à Nice. Emprisonné à San Remo, Gênes, Chiavari, Imperia, Villecrozia. Pris par les Allemands le 11 mars 1944 et emprisonné à Nice, Marseille et hôpital de Menton d'où il peut s'évader.
Responsable de la police de la voie publique à Toulon à la Libération. Trésorier adjoint des Pionniers de la Résistance. Président départemental de l'UFAC en 1948.
Légion d'honneur, croix de guerre avec trois citations, médaille de la Résistance, médaille militaire.
Bib. : C. L. Flavian, Ils furent des hommes, Paris, nouvelles éditions latines, 1948.

Gouzy Joseph Barthélémy : Officier pendant la 1ère Guerre mondiale (blessé en 1917). Participe à la guerre du Maroc (blessé en 1925). Lieute-nant-colonel de l'Infanterie coloniale à Fréjus en 1942. Adhère à l'ORA en 1943. Chargé du secteur de Saint-Raphaël en août 1943, puis de celui de Saint-Maximin, couvrant le nord-ouest du Var en mai 1944 (Chabaud, Picollet, chantier du Pelenq, etc.). Liaison avec le réseau Ritz-Crocus ins-tallé à Seillons. Installe son PC à Varages (restaurant La Cigale de la famille Collomp) avec l'aide de son épouse qui s'occupe du ser-vice sanitaire. Installe la mission Dominique-Ferdinand. Est confondu avec le colonel Lelaquet dans le rapport Antoine du SD de Marseille. Dirige les combats de la Libération dans ce secteur.
Commandant la place de Toulon après la Libération (jusqu'en septembre 1945). Membre du comité d'initiative départemental, puis du comité directeur du RPF.

Gues Marius Fernand : 1905-1984, né à Toulon, ouvrier de l'arsenal (atelier des sous-marins du Mourillon). Syndicaliste (CGTU, CGT). Adhère au PCF clandestin en 1941 et participe à sa reconstruction. Dési-gné par Genton pour représenter le PCF au CDL de 1943 à juin 1944. Grâce à sa femme et à sa belle-mère, sa maison sert de boite aux lettres et de lieu d'hébergement (Faurite, Seine, Cantogrel, Battaglia René, etc.).

Guillerm Jean Le Guern : 1903-1963. D'origine bretonne, né dans le Finistère, chauffeur-mécanicien à Saint-Tropez, militant communiste. Participe à la reconstitution clandestine du PCF et à la création des FTP. Responsable local des FTP en 1943 (action immédiate, ravitaillement du maquis). Abrite la ronéo du groupe. Obligé de fuir après le 27 novembre 1943 (affaire du sous-marin). Parti en Bretagne, puis à Paris. Revient dans le Var en 1944. Participe au combat de la Libération à Toulon (chef de détachement à Saint-Jean-du-Var), tout comme son frère.
Sous-lieutenant au régiment FFI des Maures.

Guillot Henri Dumont : 1921-1944, né à Hendaye, fils de commerçant de Toulon, étudiant, très catholique. Réfractaire au STO. Prend le maquis en Savoie. Arrêté, s'évade à Annecy. Repris à Toulon le 15 mars 1944 et évadé de nouveau en gare d'Arles. Est un des créateurs du camp Robert (FTP) à Ampus en avril 1944. En devient le commissaire aux opérations. Est prêt d'adhérer au PCF. Prend une part active à l'action immédiate. Tué près d'Aups le 22 juillet 1944 avec Martin Biaggini en tentant de rejoindre ses hommes, attaqués par les Allemands.

Hacq Michel Forain : né en 1909 - décédé en 1994, licencié en droit, commissaire de police depuis 1934, affecté à la surveillance du territoire de Belfort entre 1937 et 1939. Commissaire spécial à Draguignan jusqu'en 1941. Chef de la Sûreté à Toulon depuis novembre 1941. Aide les marins en fuite en novembre 1942. Héberge Maurice Maurin et dirige avec lui le réseau de Fred Brown sur Toulon à partir de février 1943, en liaison avec le commissaire Petitjean (protection du radio Richez, protection avec ses hommes des opérations de liaison par sous-marin à Ramatuelle et de parachutage dans le Vaucluse en mai-juin, etc.). Prévient les chefs de la Résistance varoise menacés d'arrestation. Doit quitter Toulon avec son équipe après celle du radio Richez, le 12 juillet 1943. Réfugié à Nice et chargé par Achille Peretti de di-riger la centrale du réseau Ajax à Lyon. Arrêté à Paris en novembre 1943. Interrogé à Paris et Marseille. Torturé. Déporté le 1er avril 1944 à Mathausen.
Après sa Libération, effectue une brillante carrière de policier : di-recteur des services de sécurité à Sarrebrück, contrôleur de la Sûreté natio-nale, directeur de l'école de police de Saint-Cyr Mont d'Or, action anti-OAS en Algérie, directeur central de la police judiciaire. Membre du Conseil d'Etat.
Grand officier de la Légion d'honneur, King's Medal of courage, médaille de la Résistance.

Hamel Jules Julot, Valentin : né en 1892 à Toulon, décédé après-guerre. Capitaine d'artillerie durant les deux guerres. Chevalier de la Légion d'honneur, croix de guerre et médaille militaire. Chauffeur de taxi à Toulon. Syndicaliste (secrétaire du syndicat unitaire des chauffeurs de taxi), puis sympathisant socialiste. Chef du 1er bureau du groupe créé par le colo-nel Blum en 1941, puis à Combat et à l'AS des MUR (Duboin, Fleuret). Recruté par de Bénouville à sa sortie de prison pour son réseau de rensei-gnement (lié à Carte). Doit se cacher après la malencontreuse affaire des Pomets (découverte d'armes et arrestations des lycéens qui les ont portées) en mars 1943. Succède au commandant Fleuret au commandement dépar-temental de l'AS au printemps 1943. Arrêté par les Italiens en cherchant à se procurer des armes le 26 août 1943 avec six de ses hommes. Peut s'échapper au moment de la débâcle italienne. Se réfugie à Méounes.
Après la Libération, est l'un des créateurs des Pionniers de la Résistance. Candidat républicain gaulliste à la Constituante en juin 1946. Est l'un des fondateurs de l'Union gaulliste, puis du RPF varois en 1946-1947 (comité directeur).
Bib. : compte-rendu d'activité dans Le Var Libre du 11 septembre 1944 ("Histoire d'un brave").
Sa fille Yvonne, née en 1916, est agent du sous-réseau Lepetit Michel du SR des MUR (Harel).
Harel Henri Michel : né en 1917 en Isère, résidant à Toulon, cité en 39-40, gaulliste précoce comme son père (gérant du Nancy, puis de la Civette du Petit Rang). Membre de Franc-Tireur. Chef du sous-réseau Lepetit Michel du SR des MUR sous les ordres de d'Ivernois, puis d'Arnal Arrêté par le SD le 24 mai 1944. Grièvement blessé après une tentative de fuite.

Havard Gaston Hardi, Foch : né à Toul en 1900, agent technique de l'arsenal de Toulon. Secrétaire départemental de la CFTC en 1938, membre des Nouvelles équipes populaires et du Parti démocrate populaire. Président de l'association des jardins ouvriers de Toulon en 1940. Créateur de l'antenne toulonnaise du réseau Interallié/F2 en octobre 1940 à partir de l'équipe constituée avec ses amis militants chrétiens (Massei, Brun). Le sous-réseau couvre presque toute la côte méditerranéenne et s'étend sur l'Italie et l'Afrique du Nord (Arnal). Est au carrefour de la Résistance tou-lonnaise avant l'occupation, en contact avec Jean-Pierre Lévy à qui il four-nit des noms pour créer Franc-Tireur (Mentha), participant à la création de Libération et du MOF en 1942, à la demande de Poimboeuf (Verviers). Est en relation avec Herbinger, avec Lévy-Rueff, avec Trolley de Prévaux qu'il aide à recruter. Arrêté à deux reprises, en janvier 1941 (acquitté) et jan-vier1942. Participe activement à la reconstruction du réseau après l'occupation (sous-réseau Anne). Dénoncé en août 1943, laisse le réseau à Marius Camolli et Massei, se cache à la Sainte-Baume, puis dans les environs de Toulouse. Refuse de partir à Londres. Envoyé à Paris le 1er octobre 1943 pour diriger les secteur Nord et Est du réseau. Envoyé en Bretagne fin 1943. Passe en Espagne en mai 1944 et rejoint Alger.
Retourne en France en octobre 1944. Liquidateur du réseau F2. Mort en 1997.
Légion d'honneur, King's Medal of Courage, médaille de la Résistance, croix de guerre.
Constamment aidé par sa femme, Audoin Yvonne, 1901-1987. Croix de guerre. Le couple avait cinq enfants.
Bib. : DBMOF

Holtzer Gaston : né en 1897 à Lyon, capitaine de réserve, croix de guerre 1914-1918, Légion d'honneur, avocat à Paris, réfugié à Toulon en 1940. Secrétaire général de la Société coopérative pour le retour à la terre. Représentant du général Cochet dans le Var. Dénoncé au préfet maritime pour sa tenta-tive de création d'un corps francs en janvier 1941. Interné à Saint-Paul d'Eyjaux du 21 juin 1941 au 31 décembre 1941.

Journoud Stéphane Jean-Marie : né en 1888 à Saint-Etienne, combattant des deux guerres, officier de la Légion d'honneur, chef de bataillon de l'infanterie coloniale, mis à la retraite par Vichy en 1940. Officier au 2e bu-reau de l'état-major des camps du Sud-Est à Fréjus en 1941. Membre de combat, devient chef dépar-temental du réseau Gallia à partir du 18 mai 1943.

Labise Victor : 1907-1944, né dans le Rhône, résidant à Toulon. Membre du groupe d'action armée d'Orsini, puis de l'A.S de Combat. Rejoint Bertolino dans les Maures et participe à la naissance du camp Faïta dont il devient le "technique". Arrêté avec Bertolino le 26 novembre 1943 vers Brignoles. Emprisonné à Draguignan, à Marseille (jusqu'au 4 mars 1944), puis Compiègne. Déporté à Mathausen où il meurt le 29 décembre 1944.
 Son épouse, Anna, née en 1899, participait au ravitaillement du camp.

Labrosse Jean : 1898-1984. Né à Toulon, papetier-imprimeur. Démo-crate-chrétien. Membre des MUR.
Membre de la délégation spéciale de Toulon à la Libération. Secrétaire du MLN de Toulon en décembre 1944 et membre du Comité départe-mental du MLN. Est un des fondateurs du MRP varois (président d'honneur en 1945). Députés aux deux Constituantes et de 1946 à 1951. Pré-sident du syndicat chrétien des imprimeurs. Membre de la direction de la Caisse d'épargne de Toulon et du Var à partir de 1945 (président du Conseil d'administration de 1959 à 1975).

Lagier Elie Langeron : né en 1899, décédé après-guerre. Médecin et gé-rant d'un hôtel à Toulon. Franc-maçon d'opinion modérée. Participe à la reconstitution de la franc-maçonnerie clandestine (Custaud). Membre de Combat en 1942 (Sarie). Membre du futur CDL du Var dont les pre-mières réunions se tiennent chez lui, en 1943 (Clos Lagier au Pont-de-Bois). En liaison avec le Secours national, joue un rôle d'intendant des MUR (Marquis, Deschamps, Picoche). est un des organisateurs du maquis de Siou-Blanc. Combats de la Libération comme responsable du secteur du Re-vest (Roustan).
Membre de la délégation municipale de Toulon après la Libération. Secrétaire général du MLN en janvier 1945. Conduit la liste MLN aux élections municipales à Toulon en 1945. Favorable à la fusion avec le FN, président du MURF en 1946.

Lamarque Albert Laval, Martin : 1885-1970, né à Pau, résidant à La Seyne. D'abord ouvrier de l'arsenal de Toulon dont il est l'un des chefs syn-dicaux. Militant SFIO (membre du comité fédéral), conseiller général depuis 1919 et premier adjoint au maire à La Seyne depuis 1921. Devenu journaliste, correspondant du Petit Provençal à Toulon. Soutien les "Amis de Syndicats" en 1939. Démissionne avec le conseil municipal de La Seyne en 1941. Pressenti pour siéger au Conseil départemental en 1942. Participe au CAS à partir de mai 1941 en relation avec Daniel Mayer et Gaston Defferre. Assiste aux réunions des socialistes toulonnais (Risterrucci, Michel). Le comité de coordination des mouvements de Résistance se réunit dans son bureau à l'automne 1942. Responsable d'un sous-réseau du réseau Brutus (Boyer) à partir de décembre 1942 et agent du sous-réseau Lepetit Michel du SR des MUR. Secrétaire fédéral adjoint de la SFIO clan-destine en 1944. Refusé par les communistes lorsqu'il est proposé comme maire de La Seyne (d'où sa dénonciation quasi ouverte par Rouge-Midi en juillet 1944).
Ne peut s'imposer à La Seyne à la Libération. Est éliminé de la déléga-tion municipale et battu aux élections municipales de 1945. Secrétaire admi-nistratif de la SFIO. Conseiller de la République de 1948 à 1958. Rédacteur en chef de l'édition varoise du Provençal.
Bib. : DBMOF

Lambert Hyppolite : né en 1913 à Toulon, étudie l'allemand et voyage en Allemagne. Instituteur à Ollioules en 1940. Militant communiste. Membre de la direction du PCF clandestin dans l'été 1940 (Etienne, Armando). Interné à Saint-Paul d'Eyjaux par arrêté du 2 avril 1941. Dé-noncé et condamné par le tribunal maritime de Toulon, le 24 juillet 1941, à vingt ans de travaux forcés. Emprisonné à Toulon et Eysses. Déporté à Bu-chenwald et Dachau.
Participe à la création de la FNDIRP en 1945 dont il devient le président.

Lambert Jo-Marie Marat : né en 1906 dans l'Ille-et-Vilaine, électricien de l'arsenal de Toulon. Militant communiste exclu en 1934, anarchiste puis trotskyste. Evadé de Dunkerque en 1940 (dit avoir été condamné à 15 ans de travaux forcés pour sabotage de sous-marin et avoir pu s'échapper). Licen-cié de l'arsenal le 9 novembre 1940. Aurait participé aux passages de la ligne de démarcation. Mission en Bretagne en 1942. Dénoncé, est désigné dans le rapport Flora comme capitaine et chef de Combat et de l'AS à Toulon. Part dans les Basses-Pyrénées et aurait aidé au passage de la fron-tière espagnole. Arrêté à Bordeaux. S'en évade fin novembre 1943. Re-tourne à Toulon où il participe au Groupe franc des MUR avec Ribaud et au sous-réseau Lepetit Michel (Harel). Arrêté le 24 avril 1944 et dirigé vers l'Allemagne pour y travailler. Parvient à s'échapper à Dijon. Participe au maquis de Siou-Blanc. Arrêté à sa descente à Toulon le 19 juin. Libéré. Participe aux combats de la Libération à Toulon.
Après la Libération, membre de la brigade d'épuration que les autori-tés ont du mal à contrôler. Adhérent du MLN, il n'est pas réintégré dans l'arsenal, car le CDL l'aurait exclu de la Résistance en juillet 1944.

Lècres Henri Richemont : agent technique de l'arsenal de Toulon. Résis-tance individuelle en 1941. En relation avec Combat, avec Mandouze (Témoignage Chrétien) et avec Franc-Tireur dont il diffuse le journal. Pré-fère participer à Libération en 1942. Camouflage de matériel en novembre 1942. Chef départemental adjoint chargé de l'action politique (Léger, Baron). Participe au réseau Gallia (Verviers). Quitte Toulon en 1943.

Léger Roger Leray, Yverdon, Mathurin : né vers 1911, ingénieur de l'arsenal de Toulon. Chef adjoint de Libération en 1942-1943 (Verviers). Echappe de peu à l'arrestation par le SD de Marseille dans le cadre de l'affaire Flora, le 11 mai 1943, en se rendant chez Verviers. Sa famille est arrêtée. Part à Lyon et participe au réseau Gallia comme chef du secrétariat de Gorse. Ne parvient pas à faire libérer Verviers emprisonné à Com-piègne. Réorganise la région du Languedoc-Roussillon pour Gallia, puis celle du Sud-Ouest. Arrêté peu avant la Libération.

Leguern Georges Raimu : chef du Groupe franc des MUR à Toulon en 1943, sous les ordres du chef régional Gonard Morlot  Participation à l'action immédiate dans l'ensemble de la région (entre Nice et Marseille). Passe au Groupe franc Fer après la dispersion du GF en décembre 1943.

Léonelli Mathieu : 1913-1987, né en Corse, pharmacien, gérant une of-ficine appartenant à Frank Arnal, franc-maçon, sympathisant socialiste. Participe à la reconstitution clandestine de la franc-maçonnerie (Custaud). Soupçonné de gaullisme en janvier 1942. Adhère à Combat. En liaison avec le réseau Carte. Prend la suite de Petitjean comme responsable local de Jade-Fitzroy en 1943. Est une des plaque-tournante de la Résistance toulonnaise jusqu'à la Libération (Gallia, MUR, SR Marine, mission Sampan). Hé-berge de nombreux résistants (les rescapés de l'affaire du sous-marin de Ramatuelle du 27 novembre 1943, par exemple).
Membre de la délégation municipale de Toulon. Membre du CDL en 1945.

Leplanquais Robert Leblanc, Kervella : lieutenant de la marine mar-chande, résidant à Toulon, responsable local du réseau Tartane (Flavian). Arrêté en cherchant à pénétrer dans la base sous-marine le 24 juin 1944. Torturé. Se suicide en cours de transfert en Allemagne. Mort à l'hôpital de Mâcon le 5 juillet 1944.
Bib. : C. L. Flavian, Ils furent des hommes, Paris, Nouvelles éditions latines, 1948.

Lévy-Rueff Jacques Vir : ingénieur principal du Génie maritime de l'arsenal de Toulon de confession juive. Participe très tôt au réseau Interal-lié/F2 (Arnal). Adhère aussi au réseau de Braudel. Chargé de créer un sous-réseau sur Toulon et le littoral fin 1941-1942, sous la direction de Trolley de Prévaux. Contact avec d'Astier de la Vigerie, fin 1942. Participe à la re-construction de F2 en 1943. Menacé après l'attentat contre la centrale élec-trique de l'arsenal en mars 1943, recherché par le SD, quitte Toulon en août pour prendre en charge la centrale de F2 à Lyon. Muté comme chef du sous-réseau Nord en mai 1944.

Liagre Jean Lainé : employé des Ponts-et-Chaussées de Toulon, participe à un réseau d'évasion vers l'Espagne. Militant MUR en contact avec le chef départemental Forces unies de la Jeunesse. Chef départemental adjoint du NAP (Roustan) en 1944.

Malique Félix Maurice Rochat, Roger Marot : né en 1904 à Toulouse, dé-cédé après-guerre. Ouvrier de l'arsenal de Toulon, résidant à Ollioules. Dénoncé en 1940 comme sympathisant communiste. Adhère au groupe Blum, puis à Combat. Chef de groupe AS dans l'arsenal d'où il sort des armes à plusieurs reprises et qu'il quitte en mars 1943. Clandestin, assiste le chef AS Quilici, puis devient le bras droit d'Amigas, agent de liaison, chargé des relations avec les Groupes francs (Cordier).
Membre du RPF en 1947.
Médaille de la Résistance, médaille militaire, croix de guerre avec palmes en 1951.
Marcantoni François Alzin : né en 1920 en Corse, pupille de la Nation, ou-vrier de la Pyrotechnie à Toulon. Membre de l'AS en 1942. Participe à l'action immédiate avec les Groupes francs (Bruschini, Malique) jusqu'à la fin 1943. Repéré, est ca-ché à Solliès-Pont, puis part au Groupe franc de Lyon. Blessé le 28 fé-vrier 1944 vers Meaux. Arrêté le 19 mai 1944 à Paris. Evadé de Fresnes à la Libération.
Impliqué dans diverses affaires de droit commun après-guerre.
Bib. : quelques indications dans le tém. de Marcantoni, La conjuration, Paris, Olivier Orban,1976, et James Sarrazin, M comme Milieu, Paris, Alain Moreau,1977, ch. VI, pp. 153 et suiv.

Marenco Ernest Jean-Pierre, Jourdan : transporteur toulonnais. Chef de groupe AS, puis chef départemental Groupe franc de Combat avant l'occupation. Echappe à l'arrestation le 25 mai 1943, mais son épouse, Chiandre Angèle, et son beau-fils, Baroso Roger, qui a tiré sur les agents du SD, sont arrêtés (affaire Flora). Se replie à Lyon (Elmaleh, Léger) et participe au réseau Gallia où il est chef du groupe de protection jusqu'à la fin 1943. Retourné dans le Var, il est chargé de la mise en place des émetteurs  de Gallia dans le secteur (Sycomore). Participe à la préparation de la Libéra-tion de Toulon.
Engagé à la Libération comme officier de la 1ère Armée française.

Marquis Auguste Leduc : né en 1912, contrôleur à la Caisse d'épargne de Toulon. Membre de la SFIO et franc-maçon, il est président de la société sportive Pro Patria. Lieutenant de réserve. Participe à la reconstitution clandes-tine de la franc-maçonnerie (Custaud). Adhère au groupe de résis-tance d'Orsini, puis à Combat et à l'AS. Chevance qu'il a connu pendant la guerre le charge de prendre contact avec le commandant Fleuret. Chef du 4e bureau de l'AS, il est responsable de l'un des bataillons de l'AS de Toulon en 1942-1943. Entre dans la clandestinité complète après avoir été identifié par le SD (rapport Flora). Par-ticipe à la mise en place du NAP et à celle du maquis AS (Picoche) qu'il contrôle ensuite comme intendant général des maquis. Repéré, il abandonne cette responsabilité en juin 1944. Contribue à l'organisation du Parti socialiste clan-destin. En contact avec les responsables départementaux du MLN et la mission Sampan, est un de ceux qui préparent la Libération de Toulon. Chef des CFL du centre ville pendant l'insurrection toulonnaise (PC au collège Rouvière).
Chef de bataillon un moment au régiment FFI des Maures. Secrétaire administratif du MLN en 1944-45. Président de la Fédération nationale des officiers de réserve républicains. Président du Comité d'entente des or-ganisations de Résistance jusqu'en 1985.

Massei Ambroise Puce : né en 1908 en Corse, décédé après-guerre. Em-ployé de l'arsenal de Toulon. Est l'un des membres de l'équipe fondatrice du réseau Interallié/F2 sur Toulon (Havard). En assume la responsabilité avec Marius Camolli et assure sa permanence dans le Var entre 1943 et la Libé-ration.

Mathieu Jean : né en 1916 à Marseille - décédé en 1995, secrétaire de rédaction au Petit Var à Toulon, membre de la franc-maçonnerie et de la SFIO. Participe au groupe des socialistes toulonnais (Risterrucci) et à Libération. Fait partie de la commis-sion de la presse des MUR et du CDL (Cazalbou, Michel, Cuzin). Collecte des renseignements. Chargé du NAP au Petit Var.
Secrétaire de rédaction à La Liberté du Var, puis République, Le Méridional et Var matin. (vie culturelle et Marine). A été chef de l'agence toulonnaise de Var Matin. Est un des fondateurs du MRP varois dont il préside le comité fédéral en 1945. Président des Amis du vieux Toulon, il  était félibre et secrétaire de l'Escolo de la Targo

Matteucci Louis : né en 1895 en Corse, ouvrier de l'arsenal de Toulon jusqu'à la fin 1940. Militant SFIO comme son père (chef des Faucons rouges, membre du Conseil d'administration de la SFIO). Photographe du Petit Provençal (Lamarque). Surveillé en 1941. Membre de la Légion des combattants. Participe à la mani-festation du 14 juillet 1942. Replié à Villecroze où il aide à l'installation d'un émetteur du réseau F2. Surveillé par le SD de Dragui-gnan en mars 1944 (rapport et perquisition). Echappe à l'arrestation le 10 juin. Participe au maquis Vallier jusqu'au combat de la Libération.
Président du CLL de Villecroze et membre de la délégation munici-pale.
Bib. : DBMOF

Mentha John Ulysse Jacques Rudolf, Daniel Mathil ou Matil (Cauvin en R1, Cartigny en R6) : né en 1893 dans le Doubs, de nationalité suisse, ancien international de football, inspecteur régional d'assurance-vie. Est une des grandes fi-gures de la Résistance toulonnaise. Participe au réseau Interallié en 1940-1941 (Havard), puis au premier groupe de Libération (Oukrat). Pro-pagande gaulliste active par tracts manuscrits ou en favorisant l'embarquement de jeunes vers l'Outre-mer, impliqué dans l'affaire du Poitou, est arrêté le 9 juin 1941 et condamné à 300 F d'amende le 7 août 1941. Responsable régional de Franc-Tireur (Abraham, Duboin). Arrêté le 12 août 1942, mis en liberté provisoire le 19, bénéficie d'un non-lieu. Membre du comité de coordination des trois mouvements en R2, puis du di-rectoire régional (Chevance, Cohan). Participe à la constitution d'un Groupe franc et à la préparation de l'action immédiate. Recherché par le SD de Marseille (affaire Flora), quitte Toulon pour Lyon en avril 1943 où il continue à assu-rer des responsabilités. Arrêté et emprisonné à Montluc, puis à Fresnes.
Homologué comme colonel. Président du MLN varois en 1946. Pré-sident de la FNDIR, des FFL, des CVR et de l'Amicale des réseaux. Membre du RPF (adhère à Lyon, car refusé à Toulon), très hostile à Arnal qu'il attaque alors dans la presse. Est inquiété au moment de l'affaire du "complot" en 1952.
Son épouse, Pommier Germaine Danielle, née en 1925 à Paris, par-ticipe aux mêmes actions que son mari. Participe aux premières actions du Groupe franc en no-vembre 1942. Aide des matelots en fuite en novembre 1942 et de nombreux Juifs.
Membre du Comité départemental du MLN en 1945 (responsable des femmes). Candidate aux élections municipales de 1945 sur la liste MLN. Candidate PRL à la Constituante en juin 1946.

Mériglier Pierre Roger, Gérard, Bastien : né en 1905 à Paris, employé aux tramways de Toulon, militant communiste, comme son père. Participe à la reconstitution clandestine du PCF dès 1940-1941. Responsable du PCF et du FN de Toulon, secteur ville, jusqu'à la Libération. Est l'un des organisa-teurs du mouve-ment de masse de 1943-1944 à Toulon.
Membre de la Chambre de commerce après la Libération.
Responsable de la section-ville du PCF jusqu'en 1948. Conseiller de l'Union Française. Président de l'Amicale des FTPF en 1945. Trésorier dé-partemental de l'ANACR de 1970 à 1987, membre de son Conseil natio-nal.
Bib. : DBMOF

Michel Henri Simon : 1907-1986, né à Vidauban, professeur agrégé d'histoire au lycée de Toulon, militant SFIO (articles dans Le Populaire du Var). Bien qu'il ait été favorable aux accords de Munich, est une des per-sonnalités marquantes de la Résistance socialiste varoise. Participe aux réunions socialistes chez le Dr Risterrucci et à la reconstitution de groupes socialistes. Ayant pris contact avec les mouvements de Résistance, il aide au recrutement de l'AS à Toulon et Vidauban, collecte des renseignements (réseau Brutus et Gal-lia), diffuse la propagande, participe au NAP. Re-présentant du Parti socialiste au CDL du Var où il est responsable de la commission de la presse et membre de la commission politique. Prépare Provence Libre, journal des MUR en R2, avec Cisson et établit un projet de nouveau journal pour la Libération. Respon-sable du Parti socialiste à Toulon après le départ de Risterrucci à l'automne 1943, entre dans la clan-destinité. Secrétaire départemental adjoint du Parti so-cialiste clandestin (Sandro, Lamarque). Met en place le préfet par interim à la Libération.
Participe aux instances fédérales de la SFIO et publie un roman-souve-nir, assez amer, en 1945 (Quatre années dures). Rédacteur en chef du Var Libre dans les premiers jours de la Libération, est nommé inspecteur d'académie du Var jusqu'en 1946, ins-pecteur général de l'Education nationale en 1947. Part alors à Paris comme se-crétaire de la commission d'histoire de l'occupation et de la Libération de la France. Devient l'un des fondateurs des études histo-riques sur la 2e Guerre mon-diale en tant que secrétaire général, puis prési-dent du Comité d'histoire de la 2e Guerre mondiale à partir de 1951, fon-dateur de la revue du même nom, prési-dent du Comité international d'histoire de la 2e Guerre mondiale (1970) et auteur de nombreux ouvrages de ré-férence sur ce sujet (Grand prix d'Histoire en 1980).
Grand officier du Mérite national.
Son nom a été donné au groupe scolaire de Vidauban en 1989.
Bib. : Quatre années dures, Paris, 1945, et article "Var" dans L'OURS n°154, oc-tobre 1984, pp. 45-48 - DBMOF - Voir aussi art. nécrologique dans Le Monde 6 juin 1986.
Michel Louis Le Brûlé : né en 1911 à Marseille. Pupille de la Nation, marin puis soudeur à l'arc. Militant communiste et syndicaliste d'Ollioules, licencié à plusieurs reprises pour son action. Participe à la reconstitution du PCF clan-destin à partir de 1940 (Etienne Baptistin, Vigne). Adhère à la Légion des Com-battants en 1941. Membre de l'Organisation spéciale, effectue le spectacu-laire sabotage de l'usine Air Liquide de La Seyne, le 16 décembre 1942. Participe à la reconstitution clandestine de la CGT à La Seyne. Responsable politique FTP dans la partie ouest et nord-ouest du départe-ment, est un des piliers de l'organisation. Combats de la Libération à Bar-jols.
Membre de la délégation municipale d'Ollioules. Membre du bureau fédé-ral du PCF en 1946. Est un des créateurs de l'association des Anciens FTPF dont il est secrétaire général permanent jusqu'en 1948. Membre du comité di-recteur des Combattants de la Liberté (1948).
Son épouse, Biagiotti Lina Antinea, né en 1921 en Italie - décédée en 1992, fille d'un communiste italien réfugié en France en 1927, adhère au PCF en 1941 et participe à l'action clandestine en aidant son mari et en animant le comité des femmes lo-cal. Est aussi agent de liaison.
Membre des instances départementales de l'ANACR - dont elle est fut la présidente - et de son Conseil national.
Bib. : DBMOF

Mistral Roger : 1909-1980, né à Alger, ouvrier de l'arsenal de Toulon. Mi-litant SFIO, maire de La Farlède en 1938, conseiller d'arrondissement, conseiller général, responsable des Jeunesses socialistes (membre de la direction nationale). Son conseil municipal est dissout en no-vembre 1941. Participe aux réunions socialistes à Toulon (Risterrucci, Lamarque). Est en contact avec le ré-seau Interallié (Brun) et devient responsable de Franc-Tireur pour la région d'Hyères en 1942 (Mentha). Ar-rêté le 8 août 1942 avec Yves Le Goff pour dis-tribution de tracts. Mis en li-berté provisoire le 17 décembre avec Le Goff et convoyés par Malique jusqu'à la frontière espagnole. Passe huit mois en prison à Gerone. Rejoint Alger et s'engage dans les FFL avec lesquelles il participe au débarquement de Provence.
Membre du commissariat à l'information pour le Sud-Est. Maire de La Farlède de 1945 à 1977. Accusé par Mentha de l'avoir dénoncé en 1942, Mistral est battu aux élections cantonales en octobre 1945 et suspendu cinq ans de ses fonc-tions à la SFIO. Président d'honneur de l'ADIF.
Bib. : DBMOF

Mouska Edmond : 1892-1946, né dans les Alpes-Maritimes, ancien combat-tant de la 1ère Guerre mondiale, ouvrier de l'arsenal de Toulon. Militant com-muniste et syndicaliste (secrétaire général de l'Union régionale CGT et secré-taire départementale du Secours Rouge) à la fin des années 20, puis mis à l'écart. Licencié de l'arsenal en 1940, réembauché en 1941. Adhère à la Légion des Combattants. Dénoncé et surveillé en 1942. Agent du réseau Interallié. Militant communiste clandestin. Est un des respon-sables de l'activité syndicale clandestine dans l'arsenal (Bessone) et l'un des rédacteurs de La Cloche en 1943.
Membre de la délégation municipale de Toulon. Conseiller municipal en 1945.
Une allée du cimetière porte son nom par décision du conseil municipal du 27 juillet 1947.
Bib. : DBMOF

Orsini Joseph Martin : né en 1900 en Corse, décédé après-guerre. Adju-dant de réserve. Débitant de boissons à Toulon (Civette de la gare). Militant socialiste, puis PSOP et vice-président de la société Pro Patria. Forme un groupe de Résistance (groupe d'action armée) à partir de membres de la Fé-dération des officiers, des sous-officiers et des combattants républicains. Ce groupe est l'une des bases de Combat à Toulon en 1942 (Blum). Est en liaison avec Franc-Tireur. Fournit des renseignements (Custaud et réseau Cotre). Chef AS de Toulon-Centre (Marquis) de 1942 jusqu'à la Libéra-tion. Commande un bataillon AS et tente de former un maquis dans les Maures en liaison avec Bertolino. Menacé d'arrestation en août 1943. Peut s'échapper. Condamné à 4 ans de prison par contumace par la Section spé-ciale d'Aix-en-Provence. Participe à la Libération de Toulon (secteur de La Valette).
Représentant la SFIO au CDL en 1945. Candidat aux élections munici-pales sur la liste socialiste en 1945. Président de nombreuses associa-tions d'anciens résistants (Amicales FFI, CFL du Var), est l'une des personnalités marquantes du mouvement ancien combattant après-guerre, président du Comité d'entente durant de longues années.
Croix de guerre 1946.
Bib. : Compte-rendu d'activité dans Le Var Libre du 9 septembre 1944 et tém. dans Le Petit Varois-La Marseillaise du 14 août 1964 - DBMOF

Oukrat Maxime : né en 1904 à Bordeaux - décédé à Ollioules en 1986. Représentant d'une société d'import/export à Toulon. Chargé de créer Libération en 1941. Coupé, participe ensuite à Franc-Tireur (Mentha, Abraham). Manifeste le 14 juillet 1942. Part à Nice le 10 novembre 1942. Arrêté le 22 juin 1944. Déporté.
Ouvrard Raymond Colbert : né en 1920 à Nîmes, commis des PTT à Mar-seille. Membre des FTP fin 1942, devenu clandestin en septembre 1943. Muté comme commissaire aux effectifs régional dans le Var au début juin 1944 (Claverie André). Combats de la Libération à Toulon.
Chef départemental adjoint des FFI du Var. Homologué comme co-lonel en 1954.

Pagès Georges Benazet : né en 1909 à Collobrières, sous-officier de ré-serve, électicien de l'arsenal de Toulon. Adhère aux FTP en 1943. Membre du tri-angle régional comme responsable "technique" en juin 1944. Participe à la Libé-ration de l'Est-Varois.
Engagé au régiment FFI des Maures. Homologué comme lieutenant.

Pamelaere Paul de Louis, Fernand : né en 1913 à Paris, ajusteur à Tou-lon, militant communiste. Surveillé en 1941, bien que s'étant désolidarisé du PCF en 1940. Est un des dirigeants du FN (Rigon) et participe à la créa-tion des Mi-lices patriotiques (Barrat).
Secrétaire départemental du FN à la Libération. Directeur de La Provence Libre en 1945. Membre du Conseil d'administration du Petit Varois.

Paulet Charles Bernard : né en 1908 dans les Bouches-du-Rhône, militant communiste à Berre. Interné à Saint-Sulpice en 1941. S'en évade en mars 1943. Rejoint les Alpes-de-Haute-Provence, puis muté dans le Var comme recruteur régional FTP de mai 1943 à la Libération. Participe aux com-bats de la Libéra-tion de Toulon.

Pellicia Paul : né en 1915 à Toulon, décédé après-guerre. Ajusteur de l'arsenal de Toulon, militant communiste. Participe à la reconstitution du PCF clandestin en 1940, chargé de la propagande auprès des marins (Durand). Arrêté le 5 mars 1941. Condamné par le tribunal maritime à 15 ans de travaux forcés le 24 juillet 1941. Emprisonné à Toulon, puis Eysses. Déporté.
Membre du comité départemental du MURF en 1945 et secrétaire dé-partemental de la Fédération de déportés en 1945.
Son épouse, Pietri Jeanne, née en 1919 à Toulon, employée auxi-liaire des PTT, participe à l'activité de son mari. Arrêtée le 5 mars 1941 et condamnée à 18 mois de prison le 24 juillet 1941.
Bib. : DBMOF

Petitjean Pierre Nic : chef du cabinet du préfet à Belfort, puis com-missaire de police, responsable de l'antenne de la Surveillance du territoire à Toulon à partir d'avril 1941. Assure l'arrestation de de nombreux agents allemands. Entre en relation avec la Résistance en 1942 (réseaux Mithridate et Carte). Aidé par ses adjoints, fait capoter plusieurs affaires concernant des résistants. Responsable local de Jade-Fitzroy et créateur de Jade-Police, travaille en liaison avec la Sûreté navale (Blouet) et le réseau Brown (Maurin, Hacq). Menacé d'arrestation, fait partir ses adjoints le 25 février 1943 (inspecteurs Niger et Nahrt). Lui-même quitte la France le 18 avril suivant par une opération "pick-up" près de Florac (Lozère). Recherché par l'OVRA et le SD (affaire Flora).
Engagé dans les FFL (commandant). Participe au débarquement en Normandie. Secrétaire général de la police à Orléans en 1945. Sous-direc-teur de la DST.
Bib. : C. L. Flavian, Ils furent des hommes, Paris, Nouvelles éditions latines, 1948.

Pietri Pauline Mireille : née en 1912 à Toulon, militante du PCF et du FN dont elle héberge le dépôt central du matériel. Responsable du Secours Populaire et du comité des femmes du Var fin 1943-1944 (rédactrice du journal Femmes varoises).

Poggio Esther :  Revendeuse de fruits aux Halles de Toulon, née en 1912 à Toulon, de parents italiens. Résistante à Toulon, elle est surveillée par la police qui la soupçonne de cacher avec sa soeur des grenades dans la cave de leur stand. Esther Poggio est en contact avec des policiers qui lui procurent de fausses cartes d'identité. Parallèlement, elle aurait participé au ravitaillement des maquisards FTP en 1943.
Membre du réseau Reims-Jenny dans les Alpes-Maritimes, boite aux lettres et agent de liaison qui assure deux fois par semaine le contact avec Nice, connue sous le pseudonyme de "la Marquise", elle est arrêtée à Monaco le 3 juillet 1944 (ou raflée à Nice au cours d'une liaison).
Emprisonnée aux Nouvelles Prisons de Nice, elle est fait partie des 23 otages fusillés au quartier de l'Ariane, le 15 août 1944.
Les Halles municipales portent son nom (deux plaques inaugurées le 13 octobre 1956).
Bib. : Robert Girod, Les fusillés de l'Ariane, Villefranche, 1994.

Pompei Maurice Maurin, Brun: né en 1908 à Toulon, ouvrier de l'arsenal de Toulon, militant communiste (bureau régional du Secours populaire), licencié en 1940, travaille aux Aciéries du Nord en 1941-1942. Prend le maquis au début 1943 avec Bertolino dont il est l'un des premiers compagnons. In-tendant du camp Faïta, puis de la 2e Cie FTPF des Alpes-de-Haute-Provence. Commissaire aux opérations régional au début 1944.

Portalis Justin Vincent, Marie :1897-1968, né à Ollioules, ouvrier de l'arsenal de Toulon, militant SFIO et syndicaliste CGT (secrétaire ad-joint du Syndicat des travailleurs réunis du port de Toulon, secrétaire de l'Union départementale CGT jusqu'en 1937) de tendance Jouhaux. Conseiller municipal d'Ollioules. Participe aux réunions des socialistes toulonnais (Risterrucci). Membre de Libé-ration, chargé de constituer le MOF en 1942. Le siège de la caisse d'assurances Le Travail dont il s'occupe est un lieu de réunions et de dépôt de journaux et de tracts. Est en relation avec Braudel. Tente de re-constituer le syndicat dans l'arsenal. Représente la CGT au CDL jusqu'à son remplacement par l'unitaire Vidal en 1944. Est alors parti de Toulon pour Marseille où il est délégué interrégional confédéral permanent.
Est un des fondateur des Amis de FO en octobre 1946. Conseiller munici-pal d'Ollioules de 1947 à 1953.
Bib. : DBMOF

Puy Louis : 1911-1965, né à Avignon, fils d'officier, médecin à Toulon. Prési-dent des "Amis de Au Travail" en 1941. Responsable de l'antenne lo-cale du ré-seau américain Hi-Hi après juillet 1943.
Homologué comme lieutenant. Sympathisant communiste, puis membre di-rigeant de la SFIO (délégué auprès de la jeunesse) dont il est exclu en juillet 1947 par suite de son adhésion au RPF, dont il devient le secrétaire général. Membre du Conseil national du RPF. Maire de Toulon de 1948 à 1953, conseiller municipal jusqu'en 1959, conseiller général jusqu'en 1955, député de 1951 à 1958 (ARS).
Croix de guerre 1945. Homologué comme lieutenant

Quilici Neveu : commandant d'active de tendance socialiste à Toulon. Membre de Combat, chef adjoint de l'AS (Duboin), puis chef départe-mental en août 1943. Menacé d'arrestation en 1944, part dans la région lyonnaise. Respon-sable d'un maquis dans le Beaujolais.
Président du CLL de Toulon en 1945, vice-président du MLN lo-cal et membre du comité départemental. Candidat aux élections municipales sur la liste socialiste en 1945.

Rainaud Marc : né en 1912 à Paris, officier de réserve, architecte à La Croix-Valmer. Responsable local du FN, proche des MUR. Désigné comme chef de la Brigade des Maures en 1944 (Despas, Girard). Chef FFI du secteur. Com-bats de la Libération.
Sous-préfet de Toulon à la Libération jusqu'en juillet 1945.

Raybaud Marcel Renoir : né en 1912 à Nans-les-Pins, fils d'instituteur franc-maçon et socialiste, pharmacien à La Garde, franc-maçon et membre de la SFIO, secrétaire de la société sportive jusqu'en 1941. Contacts ma-çonniques clandestins. Chef local de Libération en 1942. Manifeste le 14 juillet 1942 à Toulon. Soupçonné de propagande avec le fils Zunino. Sont expulsés du camp retranché de Toulon le 25 novembre 1942. Autorisé à y retourner en mars 1943, arrêté par les Italiens le 13 juillet suivant. Interné jusqu'au15 septembre. Prend le maquis en mars 1944 et participe au maquis AS Vallier. Passe au camp Ro-bert (FTP) en juillet.
Engagé dans le régiment FFI des Maures. Conseiller municipal MLN en 1945.
Son frère Paul Louis Pierre, né en 1921 à Saint-Zacharie, adhère à la Jeunesse communiste à Marseille où il fait ses études de médecine, en 1941. Devient l'un des respon-sables de la Jeunesse communiste à Toulon où il est interne. Fait évader un maquisard blessé, pri-sonnier du SD, en mars 1944 et prend le maquis à Ampus. Ad-joint au commissaire aux effectifs du camp Robert avec lequel il participe aux combats de juin à août 1944.
Est depuis de longues années l'un des animateurs de l'ANACR du Var (secrétaire départemental), membre du Conseil national de cette asso-ciation.

Repetto Paul Daniel Dieppe : né en 1911 à Toulon de parents italiens, ou-vrier de l'arsenal de Toulon, militant communiste. Surveillé par la police. Adhère à la Légion des combattants en 1941. Participe à la reconstitution clandestine du PCF en 1941, puis 1942. Responsable politique de la sec-tion arsenal en 1942. Membre du premier triangle FTP à Toulon (Cozzano, Bouchard). commissaire aux effectifs des FTP de Toulon. Replié à Montfort lors de la Libéra-tion.
Engagé dans le régiment FFI des Maures comme sous-lieutenant.

Rigon Paul Laporte : 1895-1965, né à Toulon, ancien combattant, mo-deleur de l'arsenal de Toulon où il est né. Militant communiste (secrétaire de section). Licencié en 1940, gère un établissement de bains-douches avec son épouse. Chargé de créer le FN en 1941 (Mulland). En est le respon-sable départemental jusqu'à la Libération. Membre du CDL au sein du-quel il fait la liaison entre MUR et PCF. Fondateur de La Provence Libre en 1943 (journal clandestin du FN du Var). Est un des membres les plus importants de la Résistance communiste varoise.
Secrétaire du FN puis du MURF après la Libération. Conseiller muni-cipal en 1945. Membre du comité fédéral du PCF en 1945 et du co-mité direc-teur des Combattants de la Liberté en 1948.

Risterrucci Joseph : 1896-1978, né à Toulon, ancien combattant, méde-cin toulonnais très populaire, animateur de la SFIO à Toulon (membre du comité fédéral),1er adjoint de 1925 à 1929, conseiller général, vice-président de La Libre Pensée. Est l'un des reconstructeurs du Parti so-cialiste dans la clandestinité (réunions chez lui : Lamarque, Michel, Sandro). Menacé d'arrestation (perquisition par le SD le 16 novembre 1943), quitte Toulon et se réfugie en Corrèze, puis dans l'Aveyron. Désigné comme maire à la Libération, revient momentanément autour du 6 juin 1944.
Alors que Frank Arnal lui a été préféré comme président de la déléga-tion municipale, il conduit la liste socialiste aux municipales de 1945 et subit un échec. Président de la section de Toulon et membre du comité fédéral de la SFIO en 1945. Conseiller général en 1945. Président du Conseil géné-ral jusqu'en novembre 1946. Candidat à la Constituante en 1945. Se sépare de la SFIO en 1946 qui ne l'a pas désigné comme candidat au Conseil de la Répu-blique. Secrétaire fédéral du Parti socialiste unitaire. Membre de la direction dé-partementale des Combattants de la Liberté (1948). Réélu conseiller général en 1951.
Bib. : DBMOF

Robineau Robinson : abbé, préfet des études au collège Albert de Mun à Nogent-sur-Marne, curé de Saint-Honoré d'Eylau à Paris, aumônier de la ma-rine, directeur du foyer du marin à Toulon. Membre de l'AS. Favorise le dé-part de réfractaires au STO vers le maquis. Inquiété en août-sep-tembre 1943. Eloigné de Toulon, part à Castellane (Alpes-de-Haute-Provence) où il aide les maquisards FTP. Arrêté par les Allemands, empri-sonné à Nice, fusillé à L'Ariane le 15 août 1944.
Une voie de Toulon porte son nom.

Salvatelli Alfred Charles : né en 1894 dans la Vienne, officier radio pen-dant la 1ère Guerre mondiale, réside au Puy. Participe à plusieurs réseaux et devient chef départemental de l'AS de Combat de la Haute-Loire, est aussi responsable du ROP et du NAP. Arrêté le 10 février 1943. Em-prisonné à Vichy. S'évade dans la nuit du 21 février 1943. Reprend contact avec l'AS et réorganise celle de la Haute-Loire qu'il dirige jusqu'en août. Nommé alors chef régional AS en R2. Vient résider à Toulon. Membre de l'état-major régional FFI en avril 1944.
Chef du service social régional en 1945.
Bib. : Un homme enchaîné s'évade

Salvatori François Savary : capitaine de l'Infanterie coloniale, com-mandant d'un régiment malgache à Toulon. Membre de l'AS en 1942. Adjoint du chef départemental Quilici, puis chef départemental lui-même. Chef départemental FFI en 1944. Est un des organisateurs du maquis de Siou-Blanc (Lagier). Le commande au moment de sa formation après le 6 juin 1944. Ordonne sa dissolution (Amigas) le 16 juin. Recherché par le SD, obligé de se cacher, est identifié dans le rapport Antoine. Est désigné en août 1944 pour diriger les FFI mar-seillais, mais se trouvant encore à Toulon le 15 août, est rétabli dans ses respon-sabilités varoises et dirige l'insurrection toulonnaise à partir de son PC, place de la Liberté (Marquis, Castel).
Commandant au régiment FFI des Maures jusqu'en janvier 1945. Colo-nel.
Bib. : tém. dans Le Petit Varois-La Marseillaise du 14 août 1964.

Sandro Charles Reboul : 1898-1958, ancien combattant de la 1ère Guerre mondiale, croix de guerre, deux citations, instituteur, directeur d'école à Toulon, militant SFIO (secrétaire fédéral adjoint) et franc-maçon. Ré-voqué par Vi-chy. Employé chez Augier, commerçant en gros. Participe aux réunions des so-cialistes toulonnais (Risterrucci) et à la reconstitution clan-destine de la franc-ma-çonnerie (Custaud). Responsable maçonnique de l'arsenal. Membre de Libé-ration (Portalis) et de plusieurs réseaux (Charlot, Léonelli). Manifeste le 14 juillet 1942. Contact avec l'AS (Picoche). Ar-rêté par les Italiens le 13 juillet 1943. S'échappe en septembre. Secrétaire fédéral du Parti socialiste clandestin (Michel). Aide au ravitaillement des maquis de l'AS. Tente de mettre sur pied les Milices socialistes en juillet-août 1944. Participe à la Libération à La Valette.
Secrétaire fédéral de la SFIO. Membre de la délégation municipale de Toulon. Candidat aux élections municipales en 1945.
A été constamment aidé par son épouse.
Croix de guerre avec citation
Une école du Pradet, une salle à Salernes, une rue de Garéoult et de La Garde portent son nom.
Bib. : DBMOF

Sarie Henri Henriet, Berger : 1898-1985, originaire du Gers, sous-préfet de Saverne par interim en mai 1940, chef de division à la préfecture du Gers, puis secrétaire général de la sous-préfecture de Toulon à partir d'avril 1941. Est l'un des créateurs de la Résistance varoise. Membre de Combat (Blum), responsable ROP et NAP en 1942, chef départemental de Combat après le départ de Blum. Organise la coordination des trois mouvements (Arnal, Maurin). Chef départemental MUR. Entre en clan-destinité le 13 mai 1943 alors qu'il est re-cherché par le SD de Marseille (affaire Flora), mis en disponibilité à partir du 1er juillet. Désigné comme chef régional R2 de juin à octobre 1943 (Fortoul, Cisson, Juvénal). Créa-teur du comité de coordination de la Résistance varoise qu'il préside jusqu'en octobre 1943. Désigné alors comme futur préfet du Var (8 octobre 1943). Caché près d'Hyères (ferme Humbert), prépare la Libération du département avec, en particulier, Picoche et Arnal (organisation de Siou-Blanc, plan pour Toulon avec la mission Sampan).
Préfet du Var de la Libération jusqu'en octobre 1945. A poursuivi une carrière préfectorale.

Sauli Julien : né en 1907 à Toulon - décédé en 1991, pupille de la Nation, ouvrier de l'arsenal de Toulon, militant socialiste (ancien responsable des Jeunesses so-cialistes) et syndicaliste (secrétaire adjoint du syndicat des travailleurs ré-unis du port de Toulon, de tendance "Amis de Syndicats"), franc-maçon (loge écossaise). Participe à l'un des réseaux de l'ingénieur Braudel et tra-vaille à la reconstitution syn-dicale avec Portalis. Toujours responsable au syndicat officiel, participe au comité d'unité syndicale (Bessone, Mouska) et se rapproche des "unitaires". Devenu le chef des file des ouvriers de l'arsenal, opposé au secrétaire du syndicat, est arrêté par le SD le 7 février 1944 et emprisonné jusqu'au 18 février. Fait partie de la délégation qui ré-unifie la CGT en juillet 1944.
Membre de la délégation municipale de Toulon. Secrétaire adminis-tratif du syndicat des travailleurs du port, membre de la direction de la CGT varoise. Conseiller municipal à partir de 1945. Trésorier adjoint du MURF Adhère au Parti communiste en 1946. Conseiller municipal en 1945, adjoint au maire en 1955-1956.
Bib. : DBMOF

Sibut Pierre : né en 1903 à Toulon, ouvrier toulonnais et militant com-muniste. Est un des premiers compagnons de Bertolino dans les bois des Mayons fin 1942-début 1943. Participe au camp Faïta jusqu'à son arresta-tion par le SD le 14 janvier 1944. Déporté à Neuengamme et Orianenburg. Décédé peu après sa libéra-tion.

Stroweis Jérôme Garbo : ingénieur radio venu de Paris, réfugié à Hyères en 1940. Participe au réseau F2 (Lévy-Rueff). Responsable du sous-réseau Toulon II. A fait passer à Picoche les armes récupérées dans les casernes lors de l'occupation et l'a mis en relation avec Sarie. Chef du service radio pour toute la région (PC à Grenoble et Lyon) en 1943, avec l'aide de son frère Maurice Chronos.

Taddei Angelin Adgello Orsi : né en 1921 en Corse, ajusteur à l'arsenal de Toulon, militant Jeunesse communiste. Arrêté le 21 janvier 1941 et condamné à cinq ans de travaux forcés le 24 juillet suivant. Peine réduite de moitié le 15 mai 1942. Est libéré le 26 juillet 1943 et rejoint le camp Faïta à Saint-Martin-de-Pallières. Le suit dans les Alpes-de-Haute-Provence où il participe à la Libéra-tion.

Taïb Roger Georges, Michel : 1910-1988, né en Algérie, électricien de l'arsenal, militant communiste (secrétaire adjoint de section et membre du Co-mité régional). Interné en septembre 1940 (Chibron, puis Saint-Sulpice) et évadé à Saint-Jean-de-Luz en 1943. Rejoint le maquis FTP à Sainte-Maxime. Muté comme commissaire technique interrégional à Marseille à l'automne 1943 (Faurite), puis dans le Gard après les arrestations d'avril 1944.
Colonel FFI à la Libération, homologué comme capitaine. Respon-sable départemental de l'association des anciens FTP entre 1947 et 1952, chargé de la propagande. Membre du comité directeur des Combattants de la Liberté (1948).

Tenev Ivan Jean, Daskalov ("L'instituteur") : Bulgare, engagé dans les Bri-gades Internationales en 1938, grièvement blessé, réfugié en France en fé-vrier 1939. Interné à Argelès, Gurs, Les Milles où il est l'un des respon-sables clandestins. Envoyé à La Roquebrussanne en octobre 1942 pour tra-vailler dans une scierie. Déserte ce Groupement de travailleurs étrangers  avec son groupe en août 1943. Chargé de la responsabilité technique du détachement FTP-MOI de Toulon. Avec l'aide de son épouse, Allibert Juliette, originaire des Milles, participe aux nombreuses actions me-nées dans le Var jusqu'à la Li-bération (Toulon, région des Arcs et maquis de la Loube). Participe aux combats de la Libération de Marseille.
Retourne en Bulgarie le 20 février 1945. Membre du Comité central du PC bulgare, responsable de région, député et président du groupe des amitiés bulgaro-françaises.

Trolley de Prévaux JacquesVox : 1888-1944, né à Paris, capitaine de vais-seau, croix de guerre (1ère Guerre mondiale). Attaché naval à Berlin de 1926 à 1928. Commandant du Duguay-Trouin. Est l'un de ceux qui, à Alexandrie, permettent d'éviter le combat contre les Anglais en juillet 1940. Président du tribu-nal maritime de Toulon, mis en disponibilité le 20 dé-cembre 1941. Gaulliste (dénoncé dès décembre 1940). Se partage entre Toulon et Le Rayol-Canadel. Entre par Mentha en relation avec le réseau Interallié (Brun, Havard). Y adhère en janvier 1942. Liaison avec Lévy-Rueff. Ne peut partir à Londres à l'automne 1942. Devient chef du sous-ré-seau Anne en avril 1943 (PC à Nice). La Distin-gued Service Order lui est attribuée le 26 mai 1943. Part à Lyon dans l'été 1943 après l'arrestation de son adjoint. Arrêté avec son épouse, Leitner Charlotte Kalo, juive polo-naise socialisante, militante du réseau elle aussi, le 29 mars 1944 à Marseille. Torturés. Sont exécutés à Lyon le 19 août 1944.
Son nom a été donné à une rue du Rayol dès 1946. Il a fallu attendre beaucoup plus tard à Rochefort (inauguration d'un amphithéâtre de la BAN portant son nom le 28 novembre 1986) et à Toulon (1987).
Bib. : biographie dans Cols Bleus du 10 janvier 1987 et dans Var Matin du 11 mai 1987.

Uhlmann Jean Morand : 1900-1944 ou 1945, originaire de Mulhouse, di-recteur des Papeteries Navarre à Paris. Réfugié à Toulon en 1940, employé au service du ravitaillement (Groupement d'achat des viandes). Participe aux pre-miers réseaux de Résistance. Arrêté du 6 au 17 décembre 1941 dans le cadre de l'affaire Bardanne, puis à nouveau le 3 avril 1942. Est acquitté le 3 juillet 1942. Responsable départemental de Franc-Tireur (Mentha). Parti-cipe à la coordina-tion des mouvements. Est arrêté par le SD de Mar-seille (affaire Flora) le 26 mai 1943. Emprisonné à Marseille, est déporté en 1944 et meurt à Buchenwald.
Son nom a été donné à une rue de Toulon le 30 août 1945.

Valérie Pierre Sampieri : né en 1914 à Toulon, ajusteur de l'arsenal de Tou-lon. Est un des premiers FTP à Toulon à l'automne 1942 (Repetto). Muté à Marseille à l'automne 1943, puis chargé du commandement de la 1ère Compa-gnie FTPF de Provence (Diana) en décembre 1943. Arrêté à Toulon le 14 janvier 1944 par le SD. Déporté à Neuengamme et Orianen-burg.
Médaille de la Résistance 1945.

Verviers Maurice Rivière, Auclair, Muret : dessinateur d'appareil de tir de l'arsenal de Toulon, licencié à cause de son origine belge en 1940. Parti-cipe d'abord au réseau Interallié (Havard), puis à la création de Libération en 1942 dont il devient le chef départemental, puis régional en septembre 1942, en remplacement de Cohan. Membre du comité de coordination des mouvements de R2 (Mentha, Chevance). Créateur du réseau Gallia en R2 (Gorse). Arrêté à Toulon avec sa femme et sa belle-soeur par le SD de Marseille, le 11 mai 1943 (affaire Flora). Tente de jouer le double jeu et fait passer à l'extérieur la liste des résis-tants arrêtés. Les tentatives faites pour le libérer échouent. Déporté, mort à Bu-chenwald (Winmar).

Zara Galliano Allino, Bruno, Anselmo, Serge : 1900-1983. Typographe de nationalité italienne, né au Luxembourg. Responsable technique MOI à Toulon jusqu'en septembre 1943. Muté à Nice lorsqu'il est requis pour le STO, jusqu'en février 1944, puis à Saint-Etienne jusqu'en mai, enfin aux services techniques centraux à Lyon. Constamment aidé par son épouse.
Membre du Comité italien de Libération du Var en 1945. Trésorier adjoint du comité départemental d'Italia Libera.

Zunino Michel : 1889-1958. Né à Toulon, cultivateur et négociant en huile minérale à La Garde, capitaine d'artillerie pendant la 1ère Guerre mondiale, trois citations, Légion d'honneur. Militant SFIO, maire de La Garde de 1931 à 1941, conseiller général en 1934-1935, député en 1936. A voté "non" le 10 juillet 1940. Adhère à la Légion des combattants. Est mis en relation avec le FN (Rigon) par Fernand Barrat. Devient membre du comité FN. de zone Sud. Ré-fugié dans l'Ardèche où il participe à la Résis-tance.
Président de la délégation municipale de La Garde, maire jusqu'en 1958. Est un des dirigeants du FN, puis du MURF (président d'honneur). Exclu de la SFIO fin 1944, adhère au PCF quelques mois plus tard. Membre de l'Assemblée consultative, député aux assemblées constituantes et élu à l'Assemblée nationale en 1946. Membre du comité dé-partemental des Combat-tants de la Liberté (1948). Membre du bureau fédé-ral du PCF.
Un boulevard de La Garde porte son nom.
Son fils, Roger, né en 1913 à La Garde, négociant, prisonnier évadé, parti-cipe à Libération (Raybaud Marcel). Surveillé, expulsé du camp re-tranché de Toulon le 24 novembre 1942, autorisé à revenir le 24 janvier 1943. Milices patriotiques à la Libération.
Premier adjoint de La Garde durant deux mandats, à partir de 1958.
Bib. : DBMOF


Jean-Marie Guillon